Une région, un produit : L’Ariana, ville des roses





L’Ariana, Ville des Roses. L’appellation est consacrée, labellisée. Elle est devenue consubstantielle. On pourrait s’interroger sur l’origine de cette plante florale et de son introduction à l’Ariana, surtout que la culture des roses n’était pas une tradition répandue chez les Arabes d’Orient ni chez les Méditerranéens en général avant le quinzième siècle. Il aura fallu attendre l’arrivée de la première vague des expulsés andalous, après la chute de la Grenade en 1492, pour voir les roses fleurir dans quelques jardins de l’Ariana, Testour, Kalaât Al Andalous, Soliman, Ghar El Melh, Menzel Jemil et Bizerte où des réfugiés andalous avaient commencé par cultiver des petites plantations de roses aux abords des villes. En réalité, la culture des roses n’a pas connu, au départ, un grand enthousiasme auprès des habitants des villes d’accueil des réfugiés andalous. A l’Ariana, la culture des roses s’était surtout propagée grâce à l’attachement de certains des réfugiés nostalgiques andalous qui tenaient à reproduire le même paysage floral que leurs foyers d’Andalousie en général et de la Grenade en particulier.
Devenus célèbres par la culture des roses sous ses multiples espèces à l’Ariana, les réfugiés andalous ont commencé par charmer les habitants de la ville en plantant l’espèce dénommée la Rose de mages, et d’autres espèces florales comme les roses turques et arabes. Mais, à travers les récits, les historiens ont révélé l’antériorité de la rose gallique par rapport à toutes les autres connues dans la ville de l’Ariana. Introduit en 1637 par les Andalous, ce petit arbuste originaire d’Asie et long de 1 à 2 mètres était cultivé dans les jardins de Oued Ellil, et à la Place Bir Belhassen. Les nouveaux habitants andalous avaient ainsi donné à l’Ariana, à l’époque, une empreinte festive en célébrant, chaque début de printemps et juste après la récolte, la fête des roses à laquelle prenaient part tous les cultivateurs de la région.  Ainsi, chaque année, au début du printemps, ils organisaient une grandiose manifestation au cours de laquelle ces cultivateurs procédaient à l’extraction de l’eau des roses pour en faire des parfums, avant de transformer les déchets en différentes formes d’encens.
Au fil des années, aussi bien la culture des roses que les festivités qui y étaient liées ont disparu ou presque. De même, l’Ariana a vu rétrécir comme peau de chagrin la superficie jadis destinée à la culture des fleurs.  Seules quelques places publiques, à l’instar des ronds-points et le Parc Bir Belhassen, gardent encore des plants de roses. L’explication donnée par M. Aissa Baccouche, président de l’Association des Amis de la Rose, s’appuie sur le transfert des roseraies vers Oued Ellil, l’urbanisation croissante de cette ville, mais également le peu d’engouement manifesté par les habitants de cette ville pour la culture des roses. Toutefois, et afin de donner à l’Ariana sa superbe d’antan, et de faire de cette ville la capitale des Roses, une fête des roses a été créée en 1982. Et à chaque début de printemps, la ville accueille différentes festivités folkloriques et commerciales commémorant cette manifestation. Une galerie a été aussi édifiée au Parc Bir Belhassen et retraçant l’historique des roses. De même, un projet de création d’une école pour l’enseignement de l’art floral et de la bouquetterie est en cours.

Ousmane WAGUE

Redonnons à Ben Arous, ce qui est à l’Ariana



Le gouvernorat de Ben Arous se place à la première place au niveau national en matière de production de fleurs. Il compte 21 pépinières d'une capacité de production globale de près de 18 millions de fleurs et plantes d'ornement. La valeur des investissements réalisés dans ce domaine atteint près de 13 millions de dinars ce qui a permis de créer près de 295 postes d'emploi.
Ces pépinières se trouvent essentiellement dans la délégation de Mornag qui se caractérise par l'abondance des eaux et la fertilité du sol. Neuf pépinières, dont le coût d'investissement a atteint 11 millions 900 mille dinars, y sont implantées. Étant donné la dégringolade des prix de vente sur le marché mondial, le produit est commercialisé sur le marché intérieur à 100 % pour les plantes d'ornement et 75 % pour les fleurs.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com