L’accès au logement : Un rêve dur à bâtir !





Synonyme de réussite sociale pour beaucoup de jeunes en début de carrière professionnelle, posséder une maison semble devenir un luxe pas facile à s’offrir.
Posséder un toit a toujours été une priorité pour la majorité des Tunisiens. Aujourd’hui, les statistiques disponibles datant de 2004 font ressortir que quatre citoyens sur cinq sont propriétaires de leur logement. Pour arriver à ce taux, un véritable chantier a duré près d’un demi-siècle. Les 40 ans qui ont suivi l’Indépendance ont été en fait consacrés à la lutte contre les habitations rudimentaires. Ce qui a fait reculer considérablement leur nombre qui représente actuellement moins de 1 %, contre 44% dans les années 60.
Pendant les années qui ont suivi, l’Etat s’est investi dans le développement et le mieux-vivre de la société. Il était alors facile aux individus d’accéder aux services de santé, à l’éducation et au logement. Dans cette société conservatrice, où tout dépendait de l’autorité parentale, le logement était une affaire familiale. Après le mariage, le jeune ne quitte pas le foyer parental. Posséder une maison indépendante n’était pas une obligation pour un jeune. Et donc sa conception de l’habitat est loin d’être la même qu’un jeune d’aujourd’hui. En 50 ans, les choses ont changé. La société n’est plus la même. Les individus non plus. Ils cherchent à acquérir tout ce qui est censé prouver la réussite. Dans cette perspective, le logement est souvent placé en tête des priorités pour la majorité des jeunes. Beaucoup d’entre eux se considèrent d’ailleurs comme des futurs propriétaires dès qu’ils s’assurent un revenu fixe à travers un emploi stable. Ils constituent alors une cible privilégiée des promoteurs immobiliers et des sociétés bancaires. Le recours au prêt bancaire est souvent inévitable pour financer l’achat d’un logement neuf ou ancien, construire une maison ou encore acheter un terrain. Mais devant les taux d’intérêts qu’appliquent les banques aux crédits immobiliers, les jeunes, en début de carrière, ont tendance à réfléchir mille fois avant de se lancer dans le projet. Certains estiment toutefois que l’acquisition de logement serait plus accessible après la mise en application des dernières décisions présidentielles visant justement à rationaliser le prêt à intérêt. Le Chef de l’Etat a donné ses directives afin que la Banque de l’habitat baisse les taux d’intérêt appliqués aux prêts logements et stabilise les taux appliqués aux crédits dont le remboursement s’étale sur plus de 15 ans.


Des constructions verticales
D’un autre côté, il y a les promoteurs immobiliers qui trouvent dans l’augmentation inconsidérée des prix des matériaux de construction, du coût de la main-d’œuvre tous les arguments d’une justification des prix des appartements qu’ils mettent à la vente. Un professionnel du domaine confie que, pour les agences immobilières, il y a plusieurs facteurs à prendre en considération pour garantir des projets rentables. Il faut donc faire la bonne équation. C’est pour cette raison d’ailleurs que les nouvelles constructions sont formées de bâtiments verticaux. Sur le marché des nouveaux logements, ce sont les constructions verticales qui sont les plus répandues. Ce type de logement dit «social» permet, d’un côté, aux promoteurs de maîtriser leurs coûts, et correspond, de l’autre côté, à ce que cherchent généralement les acheteurs potentiels.
N’arrivant plus à supporter la hausse des loyers qui sont passés du simple au double en dix ans, les jeunes mariés sont de plus en plus convaincus qu’acquérir une maison est plus qu’une nécessité. Il s’agit aujourd’hui de la meilleure alternative pour réduire les dépenses.
 D’un simple locataire, on devient alors un véritable propriétaire. Le hic, c’est que les banques exigent un apport de plus de 20% du prix du logement pour l’obtention d’un prêt. Ce taux se traduit souvent en des sommes très importantes pouvant aller de 18 à 20 mille dinars. Cette somme pourrait se multiplier par deux dans les années à venir si l’on prend en considération la hausse des matériaux de construction et de la main-d’œuvre.
Il est donc difficile aujourd’hui pour beaucoup de jeunes tunisiens d’accéder à un logement. Pourtant, ils sont très attachés à devenir propriétaires. A côté d’un emploi stable et bien rémunéré et la voiture, devenir propriétaire d’un logement est désormais un synonyme de réussite sociale pour beaucoup de jeunes tunisiens…

Hassen GHEDIRI

Les 2+S en vedette

Selon l'Institut National de la Statistique, le nombre de logements se situait en 2004 à 2 500 830 unités contre 1 865 522 en 1994. C'est-à-dire qu’en 10 ans, le pays a construit 635 308 logements, soit 63 531 logements par an. Les habitations constituées de 2+S arrivent en pôle position, avec une part de 36,9%. Arrivent ensuite les 1+S  (26,6%) puis de ceux constitués de 3+S  (21,1%).

H.G.

Zoom sur les prix

Chapitre logements sociaux, à la Manouba des semi-collectifs (type S+2) construits par la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS) sont commercialisés à des prix allant de 52 à 70 mille dinars.
A Raoued, le prix d’un S+3 varient entre 59 590 d, 62 000 d et 70 000 d.
A Sousse, des logements semi-collectifs, de type S+2 et S+3 coûtent entre 33 et
50 000d. 
Quant à la SNIT, ses prix se situent dans une fourchette allant de 27 000 à 138 000d.
En matière du haut standing, le prix s’inscrivent dans un autre registre. Un promoteur privé, propose un S+3 d’une superficie 110 m2 à partir de 118 000 DT.
Le même promoteur met à la vente des apparts de type S+2 (90 m2)
à compter de 95 000 d.
A la Banlieue Nord, des appartements de type S+3 (120 m2) coûtent
135 000 DT.
Dans le même emplacement, un S+2 de 100 m2 est accessible à compter de
100 000 DT.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com