Guitry au Théâtre municipal de Tunis : Des ménages à trois





Un Sacha Guitry qui n’a pris aucune ride. Un texte d’une rare élégance, remis au goût du jour par une brochette de professionnels du théâtre français.
Qui a dit que la langue française est en perte de vitesse dans nos murs et que les francophones ne courent plus les rues ? Ceux qui ont eu la chance d’être, mardi dernier au Théâtre municipal de Tunis, ne partagent certainement pas cet avis. Des Tunisiens et des Tunisiennes, des résidents étrangers ou simplement de passage par notre pays ont répondu à l’invitation de Yalil Prod, organisatrice de Tunis fait sa comédie, une manifestation qui a démarré en octobre dernier et qui se prolongera jusqu’à fin juin prochain. Ils sont venus en grand nombre et ils sont loin d’être du genre BCBG ou du genre m’as-tu vu ! Mais ceux qui ont brillé par leur absence, ce sont nos hommes de théâtre. A signaler en passant que le prix du billet affiché n’est pas donné non plus. Dommage ! Les absents ont beaucoup perdu, car il y a eu beaucoup à apprendre de cette pièce culte.
Pour revenir à ce neuvième rendez-vous avec le théâtre d’ici et d’ailleurs, c’est le texte du dramaturge français, Sacha Guitry, qui a été repris avant-hier par le réalisateur Bernard Lamotte et ses compagnons de route. Une heure trente de bonheur pour tous ceux qui, non seulement, affectionnent l’art des tréteaux, mais qui aiment la langue française, qui plus est, écrite par Guitry le grand.


Quatre en un
Au total, quatre courtes pièces savamment jouées dans un décor «pariso-parisien» de la première moitié du siècle dernier. «Un type dans le genre de Napoléon», «Une lettre bien tapée», «Une paire de gifles» et «L’école du mensonge» ont meublé toute une soirée peuplée d’amusement intelligent. Sur l’original de ce texte écrit avec des mots simples mais profonds, le metteur en scène n’avait pas besoin de jouer sur des effets lumières. Il s’est contenté d’envelopper la scène d’une lumière tamisée. Et en parallèle, il a compté sur le talent de ses acteurs. Florence Pernel, Chloé Lambert, Laurent Gérard et Agnès Pelletier ont magnifiquement joué leur rôle et incarné leur beau rôle. Parler des sentiments des uns et des autres, entre mari, épouse, amant et maîtresse, c’est ce qu’on fait les quatre pièces. Pas au vinaigre mais toujours autour du même pot. Des amours éphémères et des différends, de la complicité et de l’infidélité à la fois. Et le tout est pris à la légère. Avec même le sourire, on se met en ménage, on se quitte, on reprend et tout est passager. Pour ne pas se compliquer l’existence et rendre infernale la vie des uns et des autres. Tout a été écrit avec fluidité, avec un brin d’humour. Avec un rythme, avec clarté. Un texte, certes vieux de quelques décennies, mais qui n’a pris jusque-là aucune ride. On quitte le Théâtre de la ville de Tunis, enthousiaste.


Z. ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com