Dégradation du littoral : 120 milliards pour sauver les côtes…





Cent kilomètres du littoral du pays sont dégradés par l’érosion. Le rétablissement de la situation nécessite 120 millions de dinars.
Au départ, des travaux réalisés par l'Agence de Protection et d'Aménagement du Littoral ont permis de constater que la situation écologique de 6 plages est critique. Les sites fragilisés par l’érosion s’étendent en effet sur 40 kilomètres. Il s’agit des plages de Raf Raf, Gammarth-Carthage, La Goulette, Radès-Soliman, Sousse-Nord, et le littoral Nord de Djerba. C’est à travers une étude plus exhaustive étendue sur l’ensemble du littoral qu’il s’est avéré que 20% des côtes tunisiennes sont sérieusement exposées à l’érosion et nécessitent une intervention urgente.
L’étude a pris en considération les conséquences attendues des changements climatiques qui, selon les climatologues, se traduiront par une élévation plus accélérée du niveau de la mer accompagnée par la dégradation des écosystèmes marins au cours du siècle courant. Mais à côté des changements climatiques, la dégradation des côtes de la Tunisie est aussi due au phénomène de «littoralisation», aux aménagements urbains ainsi qu’aux rejets en mer des eaux usées ménagères et industrielles. Toutes ces nuisances humaines, qui fragilisent énormément le littoral national, risquent selon les spécialistes, si elles ne sont pas maîtrisées à temps, de rendre la dégradation irréversible.
Face à cette situation, le ministère de l’Environnement et du développement durable a mis sur pied un plan d’action qui consiste à intervenir adéquatement dans les sites les plus vulnérables. On croit savoir dans ce cadre que des appels d’offres ont été lancés pour désigner des promoteurs auxquels seront confiés les travaux de restauration. D’après les estimations officielles, le projet aura besoin de fonds de l’ordre de 120 millions de dinars. Vu la nécessité de l’action, des requêtes de financements ont été lancées par les services concernés. Conjointement, les études sont menées au niveau d’autres sites pour évaluer l’impact de l’érosion. Les zones concernées par cette action sont respectivement les Iles Kerkennah, les côtes Nabeul-Hammamet, Sousse Kantaoui-Bou Jaafar, Kélibia El Mamounya, Djerba Aghir, Sousse Sud et Sfax.

Hassen GHEDIRI

La littoralisation s’accélère

En Tunisie, 65 % des citadins vivent aujourd’hui sur le littoral, contre 40 % il y a cinquante ans. Le phénomène de «littoralisation» n’a jamais cessé de s’accélérer. Après L’Indépendance, c’est sur les côtes que s’implantent toutes les nouvelles activités économiques, telles que le tourisme et les industries manufacturières. Cette concentration fragilise de plus en plus les écosystèmes.


H.G.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com