«Saveurs et Savoirs du Sud» : La Sicile en formes





La 5e édition de Rendez-vous avec la Sicile, organisée par Mediservice, la section culturelle de l’ambassade d’Italie et la Fondation Orestiadi, garde toujours ce thème porteur, «Saveurs et Savoirs du Sud».
La manifestation a démarré lundi 9 mars à Dar Bach Hamba, siège de Casa Sicilia, en grande pompe en présence de l’ambassadeur d’Italie et de plusieurs amateurs d’art et de cuisine. En présence de l’artiste, nous avons visité l’exposition de sculptures.
Parmi les invités de la 5e session de Rendez-vous avec la Sicile, Mariano Brusca, sculpteur qui, à la lumière de ses œuvres exposées semble changer de registre avec une aisance et une approche originale, personnelle. Des sculptures en terre cuite, en bronze, en matières mixtes, des dessins, des gravures, des études de nus à partir desquelles on imagine les lectures, la littérature, la poésie, le théâtre, les images intériorisées de la mythologie, des matériaux et croyances de la Sicile, bref de la culture de l’artiste. Aussi nous invite-il à découvrir sa production de sculptures parmi lesquelles celle en terre cuite d’enfant appelé limbo, image populaire, représentant le passage entre l’enfer et le paradis, purgatoire abondamment décrit dans La Divine comédie de Dante. «Une sorte d’interrogation sur nos images naïves d’enfants», nous dira Mariano Brusca, qui a eu la promesse d’un galeriste tunisien pour monter bientôt une autre exposition.
L’artiste puise chez Shakespeare (Othello) où figure une Desdémone en bronze qu’il imagine ventrue et opulente, le geste de la main ample. De Sophocle nous admirons un Œdipe sur bois d’olivier, la tête pleine d’arborescences et de nœuds (il y a de quoi). Une nymphe éblouissante en terre cuite le pied en l’air, les cheveux au vent, rampe sur un toboggan composé de mosaiques et de petits cailloux noirs de lave de l’Etna (où l’on perçoit l’origine de l’artiste). Un buste d’homme la tête légèrement penchée, en terre, enveloppé dans de l’aluminium parfaitement installé dans une pièce, montre si besoin est la maîtrise des matériaux.
On ne manquera pas d’apprécier l’humour dans un bronze d’une baigneuse debout en position pour plonger avec une culotte bleue, ou d’un autre bambin en bronze en équilibre sur une terre bleue étoilée, de l’ironie dans les dessins manifestement inspirés de la religion, des gravures de saints, des innocents, des archanges, Saint Gabriel ou Saint Michel et son épée et plein d’autres angelots aux ailes de libellules, plongeant du ciel. Des dessins colorés, femmes sur la plage, femmes couchées, de face, ailées, les bras croisés, en coquillage, en galet…
Beaucoup de figures à la plume, en lattes de fûts, du bois coloré qui nous renvoie aux chariots populaires siciliens (richement décorés) ou aux portes colorées de Sicile, on retrouve encore sa région dans ces reliefs en calcaire extrait de la montagne d’Agrigente. Où l’on voit que dans son sac de peintre Sicilien ouvert au monde des songes, de rêves, de mythes, de figures historiques, Mariano Brusca maîtrise des techniques aussi diverses que la céramique, la gravure et bien sûr le dessin.


Hamma HANACHI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com