Allergies : le printemps est leur saison : Les pollens attaquent !





Cette année, l’hiver long, froid et pluvieux a retardé l’explosion des allergies aux pollens. Mais l’arrivée subite du printemps vient d’en réveiller les symptômes…
Pour des millions de personnes allergiques, le début de la belle saison rime avec mal-être. Dès que le printemps pointe du nez, les réactions allergiques reviennent en force… Elles se caractérisent par une inflammation de la muqueuse nasale, ce qui provoque des troubles désagréables: pleurs, yeux gonflés, éternuements, démangeaisons, nez qui coule… Les plus fragiles peuvent avoir des difficultés à respirer et des crises d’asthme. Plusieurs allergologues estiment que la moitié de la population du monde sera allergique dans les dix années à venir. Pourtant plus de 50% des cas allergiques ne sont pas encore diagnostiqués en tant que tels… Les personnes allergiques vivent avec des symptômes gênants, invalidants, voire handicapants qui s’aggravent au fil des années, et ce, parfois sans soupçonner l’existence de la pathologie. La pollution, le changement de nos habitations et de notre alimentation, l’utilisation fréquente des voitures ainsi que l’utilisation aléatoire des antibiotiques sont les plus responsables de l’explosion des allergies.
Les symptômes atteignent leur pic à l’arrivée du printemps. L’organisme des allergiques met en place une défense immunitaire contre ces substances qu’il considère étrangères ou potentiellement dangereuses. Il s’ensuit une réaction inflammatoire et des troubles: chatouillement nasal, nez bouché ou qui coule, démangeaisons, gonflement, sifflement, étouffement, yeux larmoyants, éternuements à répétition, vomissements... Chez les personnes allergiques, le système immunitaire provoque une surréaction face à des substances étrangères normalement inoffensives en fabriquant des anticorps. C’est ce qui déclenche cette série de réactions pour tenter d’éliminer les intrus. Ceux qui développent ces troubles seulement au printemps souffrent de rhinites saisonnières. La première vague a lieu en mars-avril. Elle est provoquée par les arbres et arbustes. La deuxième vague a lieu en mai-juin, il s’agit du fameux « rhumes des foins ». Par contre, si cette gêne persiste toute l’année, l’on parle d’une rhinite allergique chronique, associée souvent à l’asthme. Et des crises peuvent être dans ce cas  déclenchées par les acariens, les odeurs âcres, le temps brumeux…ou le tabac.


Hérédité et pollution
Les allergies progressent chaque année. 58% personnes présentent une rhinite allergique de par le monde. 500 mille cas d’allergiques ont été enregistrés en Tunisie. Le caractère héréditaire se met en tête de liste. En effet, si la mère est allergique ou asthmatique, il y a 50% de risque que l’enfant soit à son tour allergique. Si les deux parents sont allergiques, le risque est presque inévitable pour l’enfant, il atteint 80%. Toutefois, il est tout aussi possible que les conditions de vie et la pollution contribuent à la déstabilisation de notre système immunitaire. La vie dans des appartements petits, peu aérés, chauffés, climatisés et avec un sol moquetté, entraine un confinement du taux d’humidité et favorisant ainsi le développement des acariens : ennemi numéro un des allergiques. La possession des animaux contribue à l’augmentation de l’allergie. Ce fléau trouve également un terrain favorable dans le tabagisme de la mère pendant la grossesse ou des deux parents après la naissance. Les infections respiratoires répétitives augmentent aussi le risque d’avoir un asthme chez l’enfant. L’excès d’hygiène joue également un rôle non négligeable dans la déstabilisation du système immunitaire, les allergies sont trois fois plus fréquentes chez les enfants qui ont vécu dans une atmosphère un peu trop…« saine ». Pas étonnant que les enfants vivant à la campagne ou au contact de microbes soient ceux qui développent le moins d’allergies !
 
La désensibilisation
Il suffit généralement d’éviter les allergènes pour échapper à une crise d’allergie. Mais si le pollen nous monte au nez, il faut une désensibilisation. Elle consiste à habituer peu à peu l’organisme à cet allergène incriminé pour éviter une surréaction. Le traitement consiste à administrer régulièrement de petites doses de l’allergène incriminé pour développer une tolérance. Au fur et à mesure du traitement, les doses sont augmentées jusqu’à atteindre la dose maximale tolérée par le patient.

Abir CHEMLI

L’avis du spécialiste : «Gênante, mais gérable»

Le Dr Zied Attia, spécialiste en ORL, dit qu’une allergie est certes gênante et non curable,  mais elle reste très gérable moyennant une conscience et une bonne prise en charge. «L’allergie est responsable de toute une variété de signes respiratoires, oculaires, cutanés, digestifs ou généraux. Il est important de rechercher une allergie chez toute personne atteinte de rhinite répétitive, cela cache souvent une rhinite allergique. Les symptômes sont multiples allant des épisodes de gêne respiratoire jusqu’à l’étouffement en passant par des irruptions cutanées plus ou moins sévères. Si l’on est souvent sujet à ces symptômes, il faut consulter. Seul le médecin saura trancher, il est susceptible de détecter ou non une éventuelle allergie. En cas de besoin, il orientera son patient vers un allergologue pour effectuer un diagnostic détaillé et adéquat. L’allergologue saura cerner les antécédents familiaux et déterminera les allergènes et les facteurs responsables dans la provocation des crises. Plusieurs patients passent, hélas ces signes avant-coureurs sous silence. Or, si on ne traite pas une allergie, la maladie risque de se compliquer. Une personne qui ne se connait pas allergique peut s’étouffer et mourir asphyxiée. La rhinite allergique débute par une inflammation. Non traitées, elle peut provoquer un asthme. Et les sécrétions asthmatiques deviennent à la longue, épaisses et bouchent les bronches respiratoires, ce qui risque d’être fatal pour un patient.  D’où la nécessité de la consultation. Le médecin pourra identifier, via des tests quels sont les allergènes incriminés. Il prescrira un traitement de fond, mettra en place des mesures préventives et une désensibilisation. Ce qui atténuera notablement les crises allergiques et permettra aux sujets de mener une vie quasi normale.  Si le patient connait la nature de son allergie, il va pouvoir éviter les allergènes. Et même s’il est obligé de s’y frotter, il pourra éviter les complications puisqu’il est sous traitement désensibilisateur. Donc, les allergies restent très gérables, mais il faut que les patients en soient conscients, qu’ils respectent le suivi de leur traitement et qu’ils gardent une bonne hygiène de vie. En cas de rhume des foins, des pulvérisations nasales sont souvent prescrites. Elles sont à base d'antihistaminique  et de décongestionnants. L'hygiène quotidienne peut améliorer les défenses. Certains facteurs peuvent en effet aggraver la rhinite allergique : le tabagisme, la pollution, les parfums... Il faut savoir les éviter »

A.C.   

Conseils

- Séjour à la  campagne : Tous les asthmatiques ont besoin d’air frais, d’inhaler des bouffées d’oxygène. De bonnes vacances au bon milieu de la campagne rafraichissent.
- Ouvrir, aérer et ensoleiller : Les allergies adorent les endroits humides, obscurs et enfermés. La moisissure et l’acarien y trouvent un terrain favorable pour se multiplier. Alors chassez-les en aérant votre maison et en ensoleillant vos draps, tapis et rideaux...
- Fuyez les fumoirs : Le tabac est l’ennemi numéro un des allergiques et des asthmatiques. Non seulement vous devez vous en abstenir, mais exigez que l’on ne fume pas à votre proximité, c’est votre plein droit!
- Grimpez la montagne : Au de-là de 1500m d’altitude, les acariens ne survivent pas. Alors allez-y, grimpez!
- La mer, bonne pour les allergiques : L’air frais et les bonnes baignades sous le soleil, vous permettront de chasser l’humidité et vous ressourcer.

La liste des allergènes

- Allergie aux acariens. Ils sont responsables de 50% des allergies. Toutes les maisons, en abritent. On en trouve dans la literie, rideaux, peluches, canapés, moquettes, etc.
- Allergie aux pollens.  Elle touche de plus en plus de patients de tous âges. Libérés par les plantes dans l’atmosphère, ils ont un grand pouvoir allergisant.
- Allergie aux moisissures. Elles se développent dans les endroits humides et mal aérés : salle de bains, cuisines …On en retrouve aussi dans le pain, fromage, fruits… 
- Allergie aux animaux. Chiens, chats, oiseaux, lapins, ces bêtes, sont très allergisantes. L’urine des animaux, leur salive et leurs secrétions sont allergisants.
- Allergie au latex. Très présent dans les gants de ménage, pneus, ballons, tétines, colle, préservatifs… Et dans les bandages élastiques, sondes, alèses…
- Allergie aux blattes. 20 % des enfants y sont allergiques. Elles se trouvent dans des locaux humides, chauds et contenant de la nourriture: gaine d’aération, vide ordure.

Chiffres-clés

- La rhinite allergique touche 58% de personnes de par le monde.
- 80% des asthmatiques sont atteints de rhinite allergique.
-  L’asthme touche 500 mille personnes en Tunisie.
- 78,5 %  des nourrissons asthmatiques le sont à cause du tabagisme passif
- Une étude  scientifique a montré que sur 63 enfants tunisiens âgés entre 5 et 6 ans, 26 enfants soit 41,2% étaient atteints d’allergie.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com