Danse : L’espace, le corps et le mouvement





A l’invitation de Sihem Belkhodja, Abou Lagrâa présente sa nouvelle création “Cutting Flat”. Un ballet sur la vie dans un espace clos. On l’a découvert l’année dernière à l’ouverture de la première session des Rencontres chorégraphiques de Carthage avec le spectacle “Allegoria Stanza” , un ballet pour onze danseurs hip-hop et contemporains. On l’a revu avec la même pièce, en mai dernier, à la clôture de la seconde session. Il s’agit de Abou Lagrâa, chorégraphe, fondateur de la compagnie La Baraka à Annonay, près de Lyon (France). Ce dernier est actuellement en résidence à Tunis où il prépare son nouveau spectacle “Cutting Flat”, qui sera présenté les 24 et 25 février 2004 au Théâtre Bonlieu d’Annecy (France). Il profite aussi de son séjour tunisien qui s’achève dans quelques jours pour élaborer des performances et assurer une formation en chorégraphie aux danseurs de la compagnie Sybel Ballet Théâtre de Syhem Belkhodja, par ailleurs directrice du Printemps de la danse, connu aussi sous le nom des Rencontres chorégraphiques de Carthage (RCC). L’être et les êtres Abou Lagrâa, et les danseurs de la Baraka ont donné, samedi dernier, au Centre culturel et sportif d’El Menzah VI, une première mouture de leur nouveau spectacle. “Cutting Flat”, se passe dans un appartement imaginaire découpé en plusieurs espaces, occupé, chacun, par un danseur ou un couple de danseurs qui miment leur vécu quotidien, leur besoin de solitude, leur désir de communication ou leur horreur de la promiscuité. “Ce qui m’intéresse dans l’idée d’appartement, c’est que l’on peut y vivre à plusieurs et en même temps être isolé. On peut être seul, on peut être en couple, mais au bout d’un moment, on est bien obligé de communiquer avec les autres, ceux qui partagent le même espace”, dit Abou Lagrâa. Qui ajoute : “J’aime travailler sur le moment où des individus partent à la rencontre d’autres individus. L’appartement est donc un prétexte”. En effet, l’appartement sert de base de théâtre pour pouvoir isoler les personnages selon différents espaces : cuisines, salon, salle de bain, chambre à coucher…, ce dispositif permet aux danseurs de se mouvoir et aux chorégraphes d’étudier les sentiments, les émotions, les désirs et les angoisses qui commentent les comportements humains. Abou Lagrâa est né à Annonay en décembre 1970. Il a débuté dans la danse à 16 ans. Il a travaillé avec plusieurs compagnies en France, en Allemagne. Lauréat en 1998 du 2ème Prix de danse contemporaine à Paris, il dirige la compagnie La Baraka depuis 1997. En sept pièces, il s’est imposé comme le chorégraphe français le plus prometteur de sa génération. “Mon désir de chorégraphier s’impose à moi comme une nécessité de partager avec le public ma passion de la vie et des êtres humains, allant parfois jusqu’à la dérision”, dit-il. Zohra ABID Encadré Au four et moulin Les Rencontres chorégraphiques de Carthage organisent avec le concours des services culturels des ambassades de France, d'Italie, des Etats-Unis et le soutien du ministère de la Culture, de la Jeunesse et des Loisirs, des “résidences” de chorégraphes étrangers. Ces derniers viennent passer quatre semaines en Tunisie où ils créent leurs propres spectacles et assurent des stages de formation des chorégraphes et danseurs tunisiens. Depuis le début de l’année, trois chorégraphes ont déjà répondu à l’appel : l’Italien Christian Cancini, qui collabore actuellement avec Bill-T Jones et Elisa Monte à New York, en juillet, le Sénégalais Yelli Thioume, en août et le Français Abou Lagrâa. Et, quatrième chorégraphe, l’Américaine Ruth Andriem, une danseuse de la compagnie Paul Taylor (entre 1974 et 1984) et directrice de la compagnie Taylor II, qui sera parmi nous du 4 au 30 octobre. Pour le moment, seuls les danseurs et danseuses de Sybel Ballet Théâtre profitent de ces cycles de formation. Z.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com