Une région, un produit : Hammamet, ville du jasmin : Hospitalité, joie de vivre et amour…. en bouquets





Cultivée au pied de chaque maison, dans tous les vergers d’agrumes et même au bord des routes, la fleur au parfum enivrant, ramenée du Proche-Orient par les Arabes, est devenue l’emblème de la ville de Hammamet.
C’est impossible de ne pas les croiser en ville ou dans le hall d’un hôtel lors d’un séjour, aussi court soit-il, à Hammamet. Ce sont les jeunes vendeurs de jasmin vêtus de chéchia, chemise blanche, gilet brodé, pantalon bouffant, babouches et arborant, accessoirement, un bouquet de jasmin coincé entre le haut de l'oreille et la tête. Ils transportent et exhibent leur marchandise dans un panier en osier posé sur la tête ou porté sous le bras. Les perles blanches au parfum enivrant qu’ils proposent aux touristes et aux autochtones insérées dans des fines tiges et présentées en bouquets ou en colliers habilement travaillés font partie du patrimoine floral de la ville. Dans cette station balnéaire, le jasmin est devenu l’un des pivots de l’activité économique locale basée sur le tourisme. Selon le commissariat régional au développement agricole (CRDA), la ville compte plus de 200.000 plantes de jasmin pour quelque 150.000 habitants, soit le niveau le plus élevé au monde. La fleur est cultivée au pied de chaque maison, à côté des orangers et des citronniers dans les immenses vergers à la périphérie de la ville et même au bord des routes comme arbustes d’ornement. Mieux encore: des pépinières modernes dédiées à la culture du jasmin continuent à pousser comme des champignons. C’est que le jasmin s’exporte de plus en plus sous forme d’essence servant à la fabrication de parfums. Sa cueillette se déroule généralement entre juillet et août. «Pour obtenir un kilogramme d'essence absolue de jasmin, il faut recueillir environ sept millions de fleurs. C’est pourquoi, le jasmin est réservé aux parfums de luxe. Mêlés à la rose, les pétales blancs avaient fait le grand succès du parfum Joy dans les années 30», souligne Salah Hafaïedh, l’un des plus grands horticulteurs de la région. Mais d’où vient cette fleur miracle qui est en passe de devenir une nouvelle mamelle nourricière de la région ? «Le jasmin a été introduit à Hammamet au VIIe siècle par les conquérants Arabes. Son appellation vient du terme arabe « yâsamîn», lui-même emprunté au persan. La fleur, qui pousse sur un arbuste appartenant à la famille des oléacées, est surtout cultivée en Inde, dont il est originaire, et en Egypte», ajoute M. Hafaïedh.
Depuis des siècles, le jasmin est considéré en Orient comme le symbole de l'amour et de la tentation féminine. En Inde, Kâma, le dieu de l'amour, atteignait ses victimes par des flèches auxquelles il attachait des fleurs de jasmin. Selon la légende, la reine Cléopâtre serait allée à la rencontre du général romain Marcus Antonius dans un bateau dont les voiles étaient enduites d'essence de jasmin.
A Hammamet, le jasmin symbolise également l’hospitalité et la joie de vivre. Et ce n’est pas d’ailleurs un hasard si son nom a été accordé à la nouvelle station balnéaire huppée qui a poussé il y a une dizaine d’années au sud de la ville.


Walid KHEFIFI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com