Jebel Jelloud : Un amour «balafré» !





Certaines amours tuent, ou presque, dit-on souvent dans notre dialecte. En tout cas, la présente affaire ne peut nous contredire…


Tunis-Le Quotidien
C’est l’histoire, classique peut-on dire, d’un amoureux éconduit. De toute façon, c’est lui qui le dit, imité dans son raisonnement, ou plutôt ses convictions, par son avocat ! Cependant que la plaignante soutient que son agresseur avait attenté tout simplement à sa vie. Qui croire dans ces conditions? Laissons le soin à la justice de résoudre l’énigme et contentons-nous de relater les différentes étapes et les péripéties de cette affaire qui a eu lieu l’année dernière.
Les deux jeunes gens sont pratiquement voisins, en ce sens qu’ils habitent le même quartier du côté de Jebel Jelloud, au sud de la capitale. C’est le jeune homme qui était le premier à annoncer la couleur, en commençant par faire les yeux doux à la voisine en question, laquelle aurait fait semblant de ne se rendre compte de rien. Ce comportement « désintéressé » de la jeune fille, même s’il n’a pas plu au soupirant, ne l’a toutefois pas empêché de continuer à espérer un revirement favorable, sinon un dénouement heureux.
Or, constatant que sa dulcinée continuait à faire la sourde-oreille, il a fini par prendre un jour son courage à deux mains pour l’aborder dans la rue et lui avouer son amour. Grosse désillusion, cependant, et immense déception pour l’amoureux, lorsque l’élue de son cœur lui a annoncé calmement qu’elle n’était pas libre, étant «réservée» à un autre prétendant ! Ce fut dès lors une véritable douche écossaise, sinon un vrai coup de massue qui aurait dégringolé sur sa tête !
Qu’à cela ne tienne cependant, le soupirant était du genre à ne jamais baisser les bras, encore moins à jeter les armes prématurément. Il a tenu bon pour un bon bout de temps, essayant toutes les astuces, au point de recourir à une tierce personne, pratiquement une amie commune, pour faire entendre raison à cette voisine réticente. Mais en vain, celle-ci campait sur sa position, sans fléchir le moins du monde.
En désespoir de cause, le jeune homme aurait alors sollicité une dernière entrevue avec celle qui lui a causé tant d’insomnie. Bien qu’elle ne soit pas convaincue de la nécessité d’une telle démarche, la fille a fini par accepter, croyant ainsi pouvoir mettre un point final à cette histoire.
Seulement, l’amoureux éconduit était d’un autre avis, puisqu’il pensait, certes, mettre fin à l’histoire, mais à sa manière à lui et selon ses «méthodes persuasives» ! A peine arrivée sur les lieux, la jeune fille fut accueillie à coups de couteau par un gaillard furieux, lui assénant plusieurs coups, dont l’un au bras, un second au flanc droit et un troisième, le plus «marquant», au visage, allant de l’oreille au menton…
Passé récemment en jugement, l’agresseur aurait nié toute intention de vouloir attenter à la vie de la victime, mais tout simplement la marquer à jamais pour l’avoir… humilié ! Son avocat fut du même avis, allant jusqu’à accuser la victime d’avoir «complexé» son client, sollicitant dans la foulée un examen approfondi dudit client. Ce qui a poussé la Cour à renvoyer l’affaire à une date ultérieure…


Mansour AMARA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com