«Un si beau voyage» : Sur les écrans de Paris





Khaled Ghorbal voit son film «Un si beau voyage» au programme de pas moins de 14 salles parisiennes.
Distribué par Les Acacias, le film franco-tunisien de Khaled Ghorbal «Un si beau voyage» (2007 - 2 heures 17 minutes) est projeté simultanément depuis le 18 jusqu’au 24 mars courant dans les salles parisiennes. 160 séances dans 14 salles pour le second long-métrage de Khaled Ghorbal après «Fatma», sorti en 1999 (Prix d’Art et d’Essai à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes).
Que raconte ce si beau voyage ? Quand un film est signé par un Tunisien, qui de plus a vécu entre Tunis et Paris, on peut avoir d’avance une petite idée sur la forme et le contenu. C’est cette double appartenance qui apparaît d’emblée. C’est l’histoire de Mohamed (Farid Chopel disparu avant la sortie du film), un ouvrier tunisien de la première génération d’émigration, qui, sans bagage intellectuel ou d’une quiconque formation professionnelle n’a pas réussi à faire une bonne carrière au pays d’accueil. Résultat : il est resté au bas de l’échelle. Entre le sale boulot, les bouches des métros, les bouges des cafés et le dodo dans une chambre de foyer pour ouvriers, il a passé le plus clair de sa vie et il se démenait à sa manière pour survivre au mauvais temps. Le voilà à la retraite et sans un cran de sécurité. Il est tout naturellement prié par les gens de la mairie de quitter le foyer. Contraint, il cède sa place à un autre ouvrier de sa race en pleine activité et encore en bonne santé. Les portes de Paris ont été l’une après l’autre fermées et la seule sortie de secours qui lui reste avant d’être un SDF averti, c’est le retour au pays natal, la Tunisie, qu’il n’a pas vue depuis des années. Pas de femme, pas d’enfants, pas de santé, sans aucun matelas alimentaire et surtout les poches bien vides, il découvre un autre monde dans son pays d’origine qui a terriblement changé. Il ne reconnaît plus ni les gens qu’il a quittés, ni les habitudes qu’il a laissées avant son exil choisi. Il ne se retrouve plus. Plus de repères, il est au bord du gouffre. «Un si beau voyage» est le rêve d’un jeune qui a tourné au cauchemar et c’est la tourmente de toute une génération ratée et sans issue.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com