Pont de Radès—La Goulette : Comme l’oiseau en vol





Le Pont Radès–La Goulette a résolu les grands problèmes, mais il a créé de petits soucis. Six jours après son inauguration, par le Président de la République le 21 mars dernier à l’occasion de la Fête de la Jeunesse, le pont Radès-La Goulette est aujourd’hui suspendu avec fierté entre ciel et mer. Ceux qui font tous les jours la navette entre les banlieues nord et sud ont été sans aucun doute soulagés. Car dès l’ouverture de ce pont, le trafic est beaucoup moins dense qu’il n’était auparavant. Jeudi en fin d’après-midi, à l’heure de pointe (c’est-à-dire entre 17 heures trente et 19 heures, heure de sortie des bureaux et des usines), la circulation était d’une rare fluidité. Plus de ces embouteillages interminables qui stressaient les conducteurs de toutes sortes de véhicules et qui rendaient la vie impossible aux usagers.
Cet ensemble d’ouvrages d’art, long de près de 2000 mètres, se dresse en hauteur, en longueur et en largeur, et donnant la mesure de la compétence des ingénieurs qui l’ont construit. Et il faut vraiment le faire quand la fondation de grande profondeur est en zone sismique. C’était un pari et un défi à la fois. Car il y avait nécessité et urgence.  Réalisé par des entreprises tunisiennes, japonaises et égyptiennes grâce à un prêt de 8,4 millions de yens nippons (environs 141 millions de dinars tunisiens) accordé par la Japanese Bank of International Cooperation (JBIC), le projet a été érigé dans le strict respect des normes techniques. Les travaux de réalisation  ont commencé en août 2004 pour la totalité de l’ouvrage qui comprend un pont extradossé de 260 mètres de long surplombant le canal de navigation de Tunis et la ligne du TGM de Tunis-La Marsa, ainsi qu’une route reliant la cité Ennour sur les Berges du Lac Sud à côté du port de Radès au Parc d’expositions du Kram tout en contournant la Centrale électrique de la Steg de la Goulette. D’une hauteur de 20 mètres au-dessus de la mer, le pont est boulonné par deux  tours jumelles d’une longueur de 45 mètres chacune. Cet ouvrage est achevé en haute technicité. Il assure une liaison directe, rapide et continue pour tout type de quatre roues et relie les voies express Tunis-La Goulette et La Marsa de la banlieue nord en assurant la liaison entre les deux ports. Un projet de l’Ere Nouvelle et qui fait la fierté des Tunisiens et Tunisiennes. Mais que deviennent entre temps le Bac de Radès et celui de La Goulette ?


Des perdants quand même
Les bacs Kheïreddine et Hannibal circulent encore entre Radès et La Goulette. Mais timidement. Car, il n’y a plus l’affluence de jadis. Ni la file d’attente de véhicules, ni cette foule qui essaime du matin au soir pour se rendre au travail ou pour autre chose. Les deux engins de mer doivent aujourd’hui attendre (parfois désespérément) une voiture venir à leur bord. Et pour avoir au moins une dizaine de véhicules, le temps à attendre est à la limite du supportable. Ici, les plus grands perdants sont ces milliers d’ouvriers qui se déplacent gratuitement entre les deux banlieues. Aujourd’hui, ils sont inquiets. On leur a promis qu’à la fermeture du Bac, il y aura à leur disposition un bus qui fera le lien entre chez eux et le lieu de leur travail. Mais à quel prix ? Avant, au bout d’une dizaine de minutes ils arrivaient à leur destination. Mais à partir d’aujourd’hui, ils ont problème pour circuler d’une rive à une autre. Problème de gestion de temps et d’argent.


Z.ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com