«Waciny Laredj vu par Kamel Riahi» : Moments forts d’un parcours littéraire





L’autobiographie  du romancier algérien Waciny Laredj vient d’être traduite en arabe par le jeune écrivain tunisien Kamel Riahi.
Né en 1954 à Sidi Boujnène dans la Wilaya de Tlemcen, Waciny Laredj,  exerce actuellement comme enseignant universitaire pour les deux universités d’Alger et de la Sorbonne en France. Ses travaux de recherche sont focalisés beaucoup plus sur le Nouveau roman qui, de nos jours, ne se limite plus, selon lui, à un seul genre ou style d’écriture. Pour lui, le Nouveau roman se construit sur la base d’une recherche permanente, approfondie qui ne se limite pas seulement à l’écriture et son texte romanesque mais à rendre facile d’accès le langage littéraire et la pertinence des écrits. Convaincu d’une telle démarche, l’auteur algérien a consacré ses premiers écrits à défendre cette approche et en faire même un style prisé de tous dans le Nouveau roman. Ainsi, à travers cet ouvrage, Kamel Riahi a voulu faire connaître la vision de Waciny Laredj et la rendre beaucoup plus accessible à un public large. Ce petit livre est construit sous forme d’une interview dans laquelle, il interroge l’auteur sur les moments forts de son parcours littéraire. Il l’interpelle, en effet, sur l’origine de son nom. Et l’auteur répond à cet effet que son nom est un vœu de sa mère qui avait rêvé un jour avant sa naissance qu’un érudit nommé Sidi Mohamed Waciny lui annonçât qu’elle mettrait au monde un garçon et souhaitât qu’il porte son nom.
Kamel Riahi aborde aussi avec l’écrivain algérien des sujets relatifs à son parcours académique, mais aussi d’autres thèmes qu’il a développés dans ses livres. Parmi ces thèmes, il y a lieu de rappeler le nomadisme intellectuel dont se réclame cet écrivain, celui  d’un Algérien d’origine andalouse qui s’expatrie en Syrie avant de gagner Paris. La vie en ville est aussi un des thèmes omniprésents dans les œuvres de Waciny Laredj. Pour lui, Tlemcen, Oran, Damas ont joué un rôle important dans le façonnement de la personnalité littéraire de cet écrivain algérien. Lui, qui est villageois, pense que la ville où il a fait une partie de ses études a « volé » un pan entier de sa jeunesse rurale. Kamel Riahi a soulevé avec Waciny Laredj d’autres interrogations sur ses rapports avec le roman algérien et surtout la place des contes populaires algériens dans ses écrits. Son style d’écriture, son rapport avec les récits historiques et les personnages, notamment l’Emir Abdel Kader, la colonisation, la guerre de libération et son cortège de martyrs ont été traités aussi dans cette longue entrevue. Dans ce livre de 128 pages, tout a été abordé sur la vie de Waciny Laredj et rien n’a été omis sur l’enfance, la jeunesse et surtout son parcours. Ni  sa longue maladie et non plus ses innombrables distinctions. A la fin de ce livre, Kamel Riahi appelle à une relecture des œuvres de cet écrivain «né pour l’écriture».


Ousmane WAGUE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com