Les prévisions de l’Institut National de la météorologie sont-elles fiables ?





Les responsables de l’INM se confient ... La question revient souvent sur les langues : les informations livrées par les services de l’Institut national de la météorologie (INM) au sujet des perturbations climatiques sont-elles fiables? Après les dernières fortes précipitations, cette interrogation revient avec force aux devants de la scène et les spécialistes analysent sans ambages, durant cette enquête, les sautes d’humeur de Dame nature. Tunis - Le Quotidien Sujet d’une brûlante actualité, après notamment les dernières fortes précipitations, la question des prévisions météorologiques a fait l’objet, avant-hier d’un intérêt présidentiel. Certains interrogations liées aux procédures de prévision météorologique, leur fiabilité et les techniques utilisées continuent de «hanter» l’esprit des citoyens. Les avis sont partagés à ce sujet et de nombreux Tunisiens pensent, à tort ou à raison, que les informations livrées par l’INM sont peu fiables. M. Jamal Bouraoui, chef de service des prévisions météorologiques, que nous avons contacté à ce sujet nous confie que le degré de fiabilité des prévisions météorologiques de l’INM dépend des situations climatiques. Il s’agit, en effet, des situations dynamiques classiques et des situations déviant les configurations climatiques habituelles. En ce qui concerne les situations dynamiques classiques, celles-ci suivent généralement la configuration climatique habituelle de la région. Le degré de fiabilité de l’information dans de telles situations, note M. Jamal Bouraoui, est de l’ordre de 80%. S’agissant des situations climatiques qui dévient de la trajectoire climatique habituelle, le degré de fiabilité de leurs prévisions reste moindre. «Celle-ci apparaissent généralement durant des périodes d’inter-saison comme le passage de l’été vers l’automne ou du printemps vers l’été», explique-t-il. Le phénomène, ajoute-t-il, est dû à la chaleur, une présence d’un taux élevé d’humidité et une ascendance prononcée de l’air. La conjonction de ces différents facteurs aboutit aux développements orageux importants provoquant de fortes pluies en un temps très court. «Ces cellules de perturbation», note au passage le météorologue, «ne peuvent pas être détectées en temps réel. Elles sont généralement constatées une heure à l’avance, d'où la difficulté d’établir une prévision fiable de ces phénomènes». Et notre interlocuteur d’ajouter que souvent ces situations apparaissent dans une trajectoire tellement délicate qu’elles mettent en cause tout le modèle de prévision en lui-même. Dans de telles situations, c’est l’expérience du météorologue en ce qui concerne les prévisions qui va entrer en jeu pour rendre fiable les données à temps, explique M. Jamal Bouraoui. Les techniques utilisées sont-elles fiables ? Selon M. Mohamed Hajaïej, sous-directeur des prévisions météorologiques à l’Institut National de la Météorologie, les techniques utilisées pour effectuer les prévisions météorologiques sont les mêmes partout dans le monde. Il s’agit, explique-t-il, du traitement des images satellitaires des informations véhiculées par système-radar qui permet d’établir des sorties du modèle numérique, pour les prévisions, à courte, moyenne, ou longue échéance. Ce modèle, ajoute-t-il, nous livre une dynamique de l’évolution du temps. Et le travail des météorologues va consister, à cet effet, à effectuer des sorties de différents modèles des prévisions, avant de les confronter pour obtenir le scénarios le plus probable. Mais toujours est-il que, la fiabilité de ces scénarios, dans certaines situations peut-être mise en cause en un temps court suivant la rapidité du changement. C’est le cas notamment pour les dernières précipitations, constate le sous-directeur des prévisions météorologiques. Dans des situations pareilles, les prévisions météorologiques ne peuvent que réunir seulement des indices, mais sans prévoir avec fiabilité l’ampleur du phénomène à cause de la durée qui est très courte. L’exemple le plus significatif est que lors des dernières fortes pluies, les services des prévisions ont eu à faire face à des vents d’une vitesse de 250 km/h et qui ont parcouru tout le pays en 1 heure de temps. Et M. Mohamed Hajaiej de préciser que ce sont les indices qui se forment localement qui sont les plus difficiles à prévenir avec exactitude en un laps de temps court. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com