Mme. Sameh Dammak, 1er vice-président du CJD Sfax : «La décentralisation de l’Administration et la formation, en tête de liste»





Les jeunes dirigeants dans les régions semblent avoir d’autres difficultés face au développement de leurs entreprises. Mme Sameh Dammak, expose au Quotidien certaines de ces difficultés.
La première difficulté, selon notre interlocutrice, est la passation de l’entreprise familiale, marquée souvent par « un conflit entre générations» notamment au niveau des mentalités, d’autant que la majorité des entreprises de Sfax sont des entreprises familiales.
Le problème des mentalités différentes entre pères et fils est à l’origine parfois d’un partage des activités de l’entreprise familiale entre les frères. Ce partage affaiblit l’entreprise et représente un des premiers obstacles pour son développement.
Mme Sameh Dammak souligne, par ailleurs, que les jeunes dirigeants dans les régions sont confrontés souvent à des problèmes de relations avec l’Administration. «Il existe encore certains problèmes au niveau des relations avec les services de la Douane, et l’Administration fiscale. Je crois qu’il faut se rapprocher davantage des jeunes dirigeants dans les régions, et avoir confiance en eux», explique-t-elle.
Et d’ajouter que les entreprises exportatrices, au niveau des régions, sont souvent confrontées à des problèmes dus à la centralisation de l’Administration. «A vrai dire, note-t-elle, l’activité de l’Administration régionale reste encore limitée, et certaines décisions importantes nécessitent l’intervention de l’Administration Centrale, ce qui représente une perte de temps énorme pour le jeune dirigeant dans les régions». Mme Dammak propose, ainsi, de donner plus de liberté à l’Administration régionale au niveau de la prise de certaines décisions pour faciliter la tâche des jeunes dirigeants et les aider à se développer. Elle mentionne que ce problème n’est pas limité à l’Administration mais touche également aux banques tunisiennes notamment au niveau de l’octroi des crédits.
Et notre interlocutrice d’expliquer que, dans ce même contexte, certains agents des administrations régionales souffrent d’un manque de formation et demeurent encore incapables de suivre l’évolution technologique dans l’Administration Tunisienne.
Outre ces difficultés, Mme Sameh Dammak évoque le problème du marché parallèle qui représente un frein important pour le développement des jeunes dirigeants dans les régions. Elle souligne que la présence de ce genre de concurrence déloyale dans les différents secteurs d’activité, ne fait que décourager les jeunes à se lancer dans leurs propres projets.
Pour ce qui est des jeunes dirigeants eux-mêmes, Mme Dammak, affirme que certains jeunes manquent encore de formation et d’expérience en particulier au niveau des relations avec l’administration fiscale et aussi au niveau de la comptabilité et la gestion de leurs entreprises…
«Il faut avoir une formation complémentaire en matière de gestion des entreprises, en plus de celle académique pour les jeunes désirant lancer leurs propres projets, pour assurer la réussite de leurs entreprises, du moins au moment du lancement», conclut-elle.


Propos recueillis par Mohamed ZGHAL




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com