L’homme du jour : Pr. Mohamed Chelli, doyen des gynécologues tunisiens : Le pionnier…





Le professeur Mohamed Chelli est une référence sûre dans dans la gynécologie qui intéresse une large frange de la population. L’air calme, serein mais chaleureux, il représente parfaitement cette première génération de médecins qui, après l’Indépendance, ont grandement contribué à la mise en place du premier noyau des structures hospitalières en Tunisie dans diverses spécialités. Le professeur en gynécologie-obstétrique, Mohamed Chelli, exerce cette noble profession depuis plus de quarante ans. Parallèlement à ses études en médecine, il a réussi le concours des Hôpitaux de Paris en 1964 et devait passer une période de trois ou quatre ans de formation ? Il a, cependant, raccourci les délais car sollicité par le ministre de la Santé de l’époque, feu Mondher Ben Ammar, pour mettre en place le premier service de gynécologie de l’hôpital Charles Nicolle. « A l’époque, je me rappelle, le service était composé de quelques infirmières et sages-femmes et d’un seul et unique assistant. Les équipements étaient très limités et nous étions contraints de composer avec nos moyens très modestes ». Point d’appareils d’échographie, point de scanner. C’était une époque où l’on devait faire bouillir les seringues réutilisables pour les stériliser. Les praticiens, de leur côté, comptaient beaucoup plus sur leurs diagnostics et leur savoir-faire pour prodiguer efficacement les soins nécessaires aux patientes.
En quelques décennies, beaucoup a changé dans le paysage médical. C’est un domaine qui a connu un décollage vertical. Aujourd’hui, en 2009, les médecins de différentes spécialités ont l’embarras du choix et possèdent une variété d’outils de diagnostics et d’appareillages pour effectuer les analyses nécessaires et prodiguer les soins opportuns. Le professeur Mohamed Chelli, qui a formé des générations de gynécologues, est bien placé pour faire la comparaison entre les deux périodes : «Je me rappelle à l’époque où j’exerçais le métier dans le secteur public, beaucoup de femmes qui ont 3 ou 4 enfants n’ont jamais été auscultées par des médecins. Ces derniers étaient parfois contraints d’examiner une cinquantaine de patients par jour. Les femmes souffraient beaucoup de diverses infections gynécologiques en raison notamment de l’absence de sensibilisation. Les choses ont radicalement changé aujourd’hui. Le niveau a beaucoup évolué. Sans exagération aucune, nous rivalisons avec les pays européens dans le domaine de la gynécologie entre autres».
Cette longue et riche expérience dans le domaine de la gynécologie-obstétrique le situe en bonne place pour prodiguer de précieux conseils aux générations futures : « Je dirais aux jeunes désireux de poursuivre des études en médecine que la théorie et l’observation ne suffisent pas pour former un bon médecin. La formation pratique et les stages pratiques sont essentiels».
Le parcours exemplaire du professeur Mohamed Chelli lui a valu une récente distinction de valeur, celle de la Middle East fertility Society qui lui a décerné une médaille en reconnaissance à son apport et à ses efforts dans le domaine de la gynécologie.


Lotfi TOUATI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com