France : Huit enfants maltraités





"Elle n'ouvrait jamais sa porte, jamais", nous dit une voisine de cette mère, écrouée avec son mari, lundi dernier, à Banyuls-sur-Mer (Pyrénées-Orientales), pour maltraitance sur 8 de leurs enfants.
Elle ne l'a pas ouverte non plus à cette travailleuse sociale, qui, suite à un signalement de l'école primaire de Banyuls en 2004, avait été envoyée au domicile familial.
"Plusieurs fois, cette enquêtrice a été reçue sur le palier, porte fermée", nous dit le procureur de Perpignan ce jeudi.
Si cette enquêtrice avait pu jeter un œil à l'intérieur -et découvrir la vétusté des lieux, l'absence de lit, de jeux-, l'enquête sociale aurait-elle eu une autre issue?
Le dossier a été classé sans suite en février 2005.
Le procureur de Perpignan Jean-Pierre Dréno explique : "En fin d'année scolaire 2004, un instituteur de l'école primaire de Banyuls, où, à l'époque, 6 des 8 enfants sont scolarisés, fait un signalement à l'inspection d'académie."
"Les parents faisaient pas mal de reproches aux instituteurs. Ils trouvaient que les enfants étaient mal encadrés. Il est arrivé à la mère de rapporter aux enseignants les propos illuminés de son mari. Quelque chose clochait."
Une enquête a donc été menée.
"Oui. L'inspection académique a saisi le service d'aide sociale à l'enfance du Conseil général. Un juge des enfants a été saisi et l'enquête a été confiée à une association de droit privé 'L'Enfance Catalane'."
Les enquêteurs ont rencontré certaines difficultés. En septembre, octobre et novembre 2004, ils ont pris de nombreux contacts avec l'école, qui a confirmé la difficulté des relations avec ces parents, et la mère des enfants.
Elle ne répondait pas, ça a traîné. Quand l'enquêtrice s'est déplacée, plusieurs fois, elle n'a jamais pu entrer dans l'appartement. Et le père a toujours refusé de la rencontrer.
Il semble qu'entre les grandes vacances et novembre 2004, la situation se soit améliorée. Le juge des enfants estime que les enfants ne sont pas en danger, et ne donne pas suite. Début février 2005, le dossier est classé.
La situation s'est aggravée quand les deux aînées, jeunes adolescentes, ont quitté le primaire et ont commencé à être scolarisées chez elles avec le CNED, car leurs parents ne voulaient pas qu'elles retirent leur voile au collège. Ça a sans doute renforcé la vie en autarcie.


D’après Le Post




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com