Il est la meilleure alternative à la voiture : Qu’est-ce qui empêche le vélo de décoller ?





Ecologique, économique et efficace, le vélo n’a pourtant toujours pas sa place dans nos modes de transport. Faut-il encore attendre deux générations de Tunisiens pour voir nos citoyens se détourner de la voiture et se tourner enfin vers des modes de transport plus économiques, moins polluants et moins stressants?
Le  vélo, par exemple. Il y a une trentaine d’années, la petite reine était plus utilisée qu’aujourd’hui, notamment en ville. Conséquence du relèvement du niveau de vie, mais aussi rançon des temps modernes, la voiture a relégué chez nous le vélo à un usage secondaire.
Il ne représente désormais que quelque 2% des déplacements dans les villes. “Normal, explique Naceur Aïdoudi, sociologue et urbaniste, nous n'arrêtons pas de promouvoir la voiture comme le véritable moyen de liberté dans une société où l’individu s’affirmant, cherche à se libérer de tout. Il faudrait inverser l’équation et arrêter de faire croire que la voiture est le synonyme de liberté,  et qu’elle est la preuve de la réussite sociale. La voiture, c’est une contrainte,  c’est le vélo qui libère, et c’est à l’école qu'on devrait promouvoir ce slogan, si on vise d’avoir des générations physiquement  saines et soucieuses de leur environnement.”.


Le vélo, que du bonheur !
La dangerosité de la bicyclette est souvent avancée comme le grand argument pour justifier  le peu de succès qu’elle trouve auprès de nos citoyens. Or, à l’examen des statistiques  des accidents de la route, on constate que cet argument ne tient pas. Les cyclistes sont les dernières victimes et se classent même derrière les piétons.
En fait, il n’y a aucun inconvénient à utiliser le vélo dans un pays comme le nôtre où la population est encore essentiellement jeune et donc dynamique, où les distances, notamment en ville, sont courtes et où, mieux encore, le soleil brille 8 mois sur douze en moyenne.
Les avantages de la petite reine sont illimités. C’est d’abord l’arme contre l’utilisation excessive et asphxyiante   de l’automobile dans le milieu urbain.
Ecologique et économique, le vélo est aussi le moyen de locomotion le plus efficace surtout en milieu urbain. Aux heures de pointe le vélo s’avère nettement plus rapide que le transport en voiture, notamment sur les courtes distances (de 1 à 6 kilomètres). Il faut dire que la majorité des Tunisiens, qui se déplacent en ville, le font sur des courtes distances.
Les Cités d’Ibn Khaldoun, de l’Ariana, ou d’El Menzah sont situées à moins de 7 km en moyenne par rapport au centre-ville,  ce qui plaide en principe pour l’usage du vélo.


Des freins... et des manques
Comment expliquer alors que malgré tous ces avantages, le vélo n’arrive pas à décoller dans notre ville?
Outre les freins psychosociaux dont nous entretient M. Aïdoudi et qui montrent le vélo comme l’expression de l’indigence et de la pauvreté, il y a le manque d’intérêt évident des autorités  publiques et notamment, municipales pour le développement de l’usage du vélo.  On en veut pour preuve l’absence de pistes ou de bandes cyclables, alors qu’elles sont depuis plus de 30 ans une réalité tangible dans toutes les villes d’Europe.
A ce manque d’effort, sur le plan de l’aménagement, s’ajoute l’absence d’une culture du vélo  chez nous. On ne semble d’ailleurs rien entreprendre pour faire naître cette culture qui doit avoir son berceau dans l’école. La pratique du vélo - que ce soit d’ailleurs le vélo plaisir ou le vélo utile - pourrait constituer une activité ludique et sportive pour nos jeunes ados, mais aussi la passerelle la plus sûre pour faire entrer la bicyclette dans nos modes de transports. Des manifestations, comme celle prévues aujourd’hui pour promouvoir l’utilisation du vélo en ville, sont à saluer. Elles constituent  la meilleure approche pour marquer la conscience et opérer le changement.

Larbi BEN MOHAMED

Le vélo, c’est la santé

L’organisation mondiale de la santé (OMS) recommande 30 minutes de vélo par jour, soit deux parcours d’environ 3,5 km.
Le bénéfice de ces 30 minutes d’activité physique est impressionnant: réduction de moitié du risque cardiaque, du risque de diabète type II et du risque de surpoids, réduction de 30% du risque d’hypertension artérielle. Réduction également du stress et du risque de cancer qui est lié au surpoids et à la sédentarité. Le vélo, c’est aussi l’amélioration de la santé des autres par la réduction de la pollution de l’air et des risques routiers.

Quel type de vélo choisir ?

Le VTT (vélo tout terrain) est le vélo qui est le plus recherché,  car c’est le plus polyvalent, à l’aise en ville aussi bien qu’à la campagne.
Mais pour un usage exclusivement urbain, le vélo de ville traditionnel, plus confortable et mieux équipé, est préférable au VTT. Les autres types de vélo, beaucoup plus chers, sont réservés à des usages spécialisés et sportifs.

Chiffres clés

800 millions de vélos sont utilisés dans le monde contre 400 millions de voitures.
35 calories au kilomètre: la consommation moyenne d’un vélo. Le marcheur consomme 100 calories et la voiture 1860...
10 fois moins: le coût de revient moyen d’un vélo par rapport au budget d’un fumeur.
0,8% seulement des déplacements dans nos villes se font à vélo.
8,5 habitants sur 100 possèdent un vélo au Japon, contre 7,5 aux Pays Bas, 7,3 aux Etats-Unis, 6,1 en Allemagne, 5,6 en France. En Tunisie 2 habitants seulement sur 100 ont un vélo.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com