Gardons l’esprit sportif





L’épilogue approche, et les sens sont à bout. Il y a de quoi. Mais cette situation digne des plus belles fins homériques, ne nous semble pas valoir cette passion extrême qui joue avec les nerfs, au point de transformer la compétition nationale en arène, où tous les coups sont permis.
Le public, il est vrai, grandement sensibilisé par les déclarations intempestives, les comportements indignes de dirigeants en mal de charisme et de pouvoir réel, monte au créneau pour pousser ou se rendre coupable de débordements inexplicables et inacceptables.
Le sport, et ce n’est point là un vœu pieux, n’est pas seulement compétition, mais aussi et surtout, mise à l’épreuve et expression des sensibilités les plus refoulées du sportif pratiquant et de tous ceux qui l’aident à s’exprimer.
Bien sûr, si nous nous amusons à rechercher les causes et les alibis, nous n’en finirons plus de décharger les responsabilités sur l’autre. Nous aurons tôt fait d’oublier que toutes les parties prenantes de cette épreuve sont liées par ce lien invisible, qui resserre l’emprise sur le compétiteur, et soumet tous ceux qui se démènent autour de lui à forte pression.
Le sport de haute compétition est ainsi fait. Il n’y a donc pas à choisir entre deux maux inévitables : être le meilleur et accepter qu’un autre le soit à votre place en cas de défaillance.
Les règles du jeu sont connues depuis le coup d’envoi. On ne peut en un tour de main, regagner le terrain perdu, et rattraper un retard que l’on a concédé, pour une raison ou une autre.
C’est parce que toutes les équipes sont en vue du bout du tunnel et que la ligne d’arrivée est toute proche, que les passions s’exacerbent et que l’on a tendance à se sentir flotter entre deux nuages. Les uns se sentent déjà au firmament, les autres ressentent les flammes du purgatoire qui les lèchent.
Inévitable, la pression augmente et c’est le moment de prouver au niveau des dirigeants que la responsabilité n’est pas un vain mot.
Les moments difficiles dans les milieux du sport, le vrai, sont des mises à l’épreuve auxquelles on ne peut se soustraire. Le meilleur moyen de les subir sans dégâts collatéraux, est bien de calmer le jeu et de se concentrer sur la seule compétition, tout en se préparant psychologiquement à en accepter les conséquences.
Les miracles existent bel et bien en sport, mais nul ne sait à l’avance qui en bénéficiera. C’est dire que les difficultés tiennent à ces quelques heures de compétition qui restent à disputer, et que le travail réussi ou raté de toute une saison, n’est que la conséquence de tout un processus entamé depuis le début de l’épreuve.
A un moment aussi critique, on a besoin plus que jamais de calme et de fair-play. On a besoin d’un minimum de sagesse pour refouler les pulsions négatives qui poussent à la faute sur le terrain, au geste inconsidéré sur les bords de touches, aux réactions inappropriées sur les gradins ou en dehors de l’enceinte sportive.
Toutes les parties prenantes sont ainsi associées à la réussite de cette palpitante fin de saison et nous aimerions qu’au lieu et place des regrets, nous ayons à fêter la victoire du sport et la confirmation d’un standing de compétition qui a placé notre football aux premières loges continentales.


Yassine OMRANE




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com