M. Didier Alix, DG de la Société Générale : «Une sortie de crise dans six à dix-huit mois»





En visite de travail à Tunis, M. Didier Alix, Directeur Général Délégué de la Société Générale, est connu pour ses arguments, sa manière de traiter les choses et sa capacité de raisonner continuellement en stratège.


Tunis – Le Quotidien
Observateur attentif de ce qui se passe outre-Manche et outre-Atlantique, il est membre du triumvirat qui parraine la stratégie de la Société Générale et est considéré comme un grand promoteur des manœuvres de croissance du groupe SG à l’international.
M. Alix a rencontré le Gouverneur de la BCT, M. Taoufik Baccar, les responsables de la Chambre de commerce tuniso-française, des hommes d’affaires et l’ensemble du management de l’UIB, dont la SG contrôle 52% du capital. A la question de savoir si on était réellement au milieu du gué de la crise et quand en sortira-t-on ? Il répond : «Il faut être humble face à un phénomène qui a pris de l’ampleur au-delà des spécialistes. Nous devons être très pragmatiques et ne pas généraliser systématiquement. Nous n’avons pas aujourd’hui un diagnostic réel de l’ensemble de la situation qui me parait plutôt diversifiée sectoriellement et géographiquement. Je ne prétends aucunement avoir une boule de cristal mais je pense que depuis quelque temps, la démarche des pays du G20 est plus cohérente, ce qui augure d’un ré-enclenchement appréciable de l’économie mondiale».
L’avis plutôt positif sur la sortie de crise se trouve tout de suite confirmé par M. Didier Alix qui souligne que les moyens et la cohérence d’approche élaborée sont conséquents par rapport à l’ampleur du problème. «La dernière réunion du G20 a mis du sens dans le comportement des diverses économies et les moyens pour endiguer la crise ont été colossaux, ce qui pourrait rapidement porter ses fruits. Six à dix-huit mois au plus pourront remettre les économies en marche» dira-t-il. Si les six mois relèvent plus de l’espoir profond que cette crise s’efface, les dix-huit mois avancés sont néanmoins une sorte de porte laissée ouverte pour toute éventualité, plutôt faible, d’un enfoncement de l’économie mondiale, car comme il le confirme, si les gouvernements ont tergiversé au départ, aujourd’hui ils ne s‘accordent aucun répit. «La crise a été peut-être prise en charge avec un peu de retard mais ce qui se dégage c’est qu’elle est désormais bien prise en charge et il faudra s’attendre à un bon mouvement vers le rétablissement surtout que les mesures sont cohérentes avec l’ampleur de la crise». A traduire comme une option pour une sortie de crise sur une période plus courte.

«L’économie tunisienne résiste bien»
Et notre pays dans tout cela ? L’image qu'en fait M. Didier Alix est flatteuse et confirme certains constats : «Je pense que l’on peut dire que la Tunisie résiste bien à la crise. Les investissements étrangers ont été importants en 2008, les banques restent liquides et les chefs d’entreprises n’ont pas sorti des comptes détestables». Et le Directeur Général Délégué de la SG de rappeler que compte tenu des premiers éléments 2009, un secteur comme le tourisme devrait résister et même pour certains autres secteurs qui viendraient à souffrir comme les industries liées au marché mondial de l’automobile qui connaît de grandes secousses, l’Etat a suffisamment de moyens pour atténuer les conséquences de la crise.
Pour terminer, M. Alix a abordé l’apport de la Société Générale dans le renforcement de la coopération tuniso-française en précisant que la SG est présente pour accompagner à la fois les IDE français qui s’orientent vers la Tunisie et les entreprises tunisiennes qui s’implantent au niveau régional . « Notre rôle sera d’accompagner les transferts de technologies et les investissements qui se feront par des groupes français en Tunisie. Notre rôle sera également de mettre à la disposition des dynamiques entreprises tunisiennes nos implantations dans les autres pays du Maghreb, en Egypte et ailleurs. Nous intégrons l’UIB dans le dispositif d’appui de la SG au développement des opérateurs économiques locaux », devait-il souligner.
Par une telle démarche le Directeur Général Délégué de la Société Générale semble d’accord pour ériger le groupe SG comme structure d’appui au développement des relations Nord-Sud ainsi que des relations Sud-Sud.


S.R.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com