Forum international sur les handicapés : Un apprentissage qui n’a plus de handicap sur les bancs de l’école





Le premier Forum international sur le thème : «Handicap, inclusion scolaire et supports pédagogiques dans le milieu scolaire à l’ère du numérique» s’est tenu hier au Pôle technologique d’El Gazala à Tunis.


 Tunis – Le Quotidien
Une pléiade de responsables de différents organismes internationaux, des pays étrangers et d’associations locales dont ceux de l’Association «Basma» ont été au rendez-vous de ce forum organisé par le ministère de l’Education et de la Formation en collaboration avec l’Association tunisienne pour le développement de la technologie numérique et des Ressources humaines (ATTR) et placé sous le haut patronage de Madame Leila Ben Ali, épouse du Président de la République. Lors de son inauguration, Hatem Ben Salem, ministre de l’Education et de la Formation a présenté les grandes lignes de la politique tunisienne en matière d’insertion des handicapés en milieu scolaire, insistant sur l’approche typiquement tunisienne dans ce domaine. Et d’ajouter que l’éducation et l’enseignement constituent aujourd’hui un droit sacré pour tous les Tunisiens sans distinction aucune. Le Code d’orientation de l’enseignement et de l’éducation scolaire, promulgué en 2002, poursuit-il, donne aux couches aux besoins spécifiques, le droit à l’enseignement et à ses avantages. En guise d’application de ce droit, des mesures présidentielles concrètes ont été prises dans le but de mettre en place un programme d’intégration scolaire pour les enfants handicapés à travers tout le pays. Ce programme a servi à l’élaboration d’une plate-forme de travail, dès l’année scolaire 2003-2004, pour tous les établissements tunisiens. Ce droit a été renforcé ensuite par la promulgation d’une loi d’orientation le 15 août 2005 visant à apporter une assistance et une protection aux enfants handicapés. Le programme a permis aussi au ministère de l’Education et de la Formation d’enregistrer des résultats encourageants en matière d’intégration des handicapés. Le nombre des établissements qui se sont associés au programme est passé de ce fait de 111 durant l’année scolaire 2003-2004 à 300 écoles actuellement.
Sur le plan législatif, Bernard Heinser, chercheur suisse de «Daisy Consortium», a noté que la Tunisie a ratifié la convention internationale relative au Droit des personnes handicapées, il y a une année. Cette politique, ajoute-t-il, dénote de la volonté politique des autorités tunisiennes à intégrer les handicapés dans le tissu scolaire et universitaire et, par la suite, dans la vie active. L’article 9 de cette convention insiste sur l’obligation de l’accessibilité des handicapés à l’éducation et aux nouvelles technologies. Or, le droit de voir les handicapés étudier avec les élèves normaux, ajoute le chercheur suisse, dans une même classe, il y a de cela quinze ans, était impensable. Aujourd’hui, il est devenu même un véritable enjeu.
Actuellement, élaborer des supports pédagogiques et des logiciels qui permettent le décryptage du texte, des supports audiovisuels, de l’image et de la vidéo constituent une véritable industrie pour les grands consortiums comme Microsoft qui a déjà en cours un programme de développement de logiciels d’évaluation et de production adapté aux personnes handicapées.

Ousmane WAGUÉ

Chiffres clés :

Le nombre d’établissements ayant intégré des classes pour des handicapés est passé de 111 en 2003-2004 à 300 établissements en 2008-2009.
1063 salles de classe ont été réservées aux handicapés
1378 élèves handicapés intégrés sont issus des couches à besoins spécifiques
70 établissements préparatoires ont intégré dans leurs classes des élèves porteurs de handicap.
5478 personnes handicapées ont bénéficié du programme spécifique 25 relatif au financement des projets initiés par le Fonds national de l’emploi 21-21.
3, 28 % des prêts de la BTS ont été accordés aux demandeurs d’emplois porteurs de handicap.

Témoignages

* Slaheddine Gherissi, Président de l’ATTR : «Les mêmes chances de réussite à tout le monde»
«Conformément aux mesures présidentielles relatives à l’intégration des personnes handicapées dans le milieu scolaire, notre association œuvre à donner les mêmes chances de réussite à tout le monde, en mettant à la disposition des handicapés les outils pédagogiques adaptés. De ce fait, nous voulons permettre à des personnes souffrant d’un handicap de pouvoir utiliser les supports numériques et surtout les logiciels lui facilitant la compréhension et la mémorisation des cours. L’objectif de l’ATTR est de diffuser le plus largement possible les supports numériques afin que les couches les plus défavorisées aient la chance d’en bénéficier. Déjà, et en partenariat avec certaines entreprises, des logiciels permettant aux handicapés l’usage du langage des signes et des symboles a été développé en Tunisie, en plus d’un autre logiciel qui permet aux élèves handicapés de communiquer par SMS, MMS».


* Abderraouf Hédi, proviseur d’un Lycée : «Le handicap nécessite un enseignement spécialisé»
«L’intégration de certains handicapés dans des classes normales nécessite un enseignement spécialisé. De notre côté, nous tentons d’amener l’enfant handicapé à vivre en parfaite harmonie avec ses camarades de classe. Nous lui accordons une attention particulière en mettant à la disposition de l’enseignant les supports numériques adaptés au type de handicap dont il souffre».


* Mondher Afi, Chargé de mission auprès du ministre de l’Education et de la Formation : «Etudier en toute quiétude avec les autres»
«Quelque soit le handicap dont souffre un élève, il peut étudier en toute quiétude avec ses autres camarades. Des supports pédagogiques seront mis à sa disposition.
Son enseignement sera spécifique et adapté à son handicap au sein d’une classe et d’un établissement pour les élèves normaux. Le ministère de l’Education a atteint des chiffres encourageants dans ce sens, puisque 1378 élèves ont été intégrés aux différents niveaux de l’enseignement dans les établissements scolaires».


* Mohamed Moussi, Proviseur d’un établissement scolaire : «Nous commençons à nous adapter aux cas de handicaps»
«J’ai déjà dans mon établissement un élève handicapé. Outre le soutien de l’établissement, ses camarades sont très compréhensifs et très solidaires avec lui. Il est devenu presque indépendant vis-à-vis de l’administration. Avant lui, il y avait un autre cas. L’administration lui a apporté tout le soutien qu’il faut jusqu’à qu’il ait réussi au baccalauréat. Nous commençons à nous adapter aux cas d’élèves handicapés».


O.W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com