E.S.S. – S.N. : La timbale, à qui aura retenu la leçon !





Troisième et dernier acte dans le cadre de ce qu’on appelle communément la Belle. A l'issue duquel il y aura bel et bien, cette fois-ci, un grand champion et irréfutablement un beau vaincu.
Le recours à une troisième rencontre décisive prouve d’éclatante façon le parfait équilibre en présence, générateur d’indécision et d’âpre rivalité. Tant mieux pour le basket national et pour ses férus, dont le nombre grandit de plus en plus perceptiblement. Ceci dit, le fait que chaque équipe se soit imposée à l’extérieur, recèle-t-il des certitudes inébranlables, au premier rang desquelles la fébrilité et la pression qui paralyseraient le cinq recevant ? Une assertion défendable certes, mais qui pourrait être battue à plate couture par la réalité du parquet. Le SN, c’est devenu coutumier ces derniers temps, joue mieux à l’extérieur que dans ses murs. Sa personnalité collective, l’expérience des apothéoses et l’inébranlable confiance de ses joueurs dont l’osmose cimentée par plusieurs années de cohabitation, ont fini par forger une impressionnante force de caractère. L’ESS, pour sa part, devrait avoir dépassé le principal écueil qui inhibait son aspiration vers les cimes du sacre, entendons ce fameux premier match à domicile. En effet, inexpérimentés comme ils étaient, hormis l'inusable et chevronné Maher Khanfir qui, cependant, ne peut plus jouir d’un temps de jeu substantiel, les jeunes Etoilés, 20 à 22 ans comme moyenne d’âge, à l’instar des Mejri, Ben Romdhane, Braâ, Mouhli et Jamar, n’ont pu supporter le poids écrasant de la pression. Libérés à Nabeul, n’ayant plus rien à perdre, ils ont pu renverser la tendance. Autant dire que pour le compte de cette Belle, ils devraient se prévaloir de dispositions mentales et psychologiques tout à fait dissemblables, entendons conquérantes à souhait. Le décor psychique ainsi planté, place aux considérations technico-tactiques et stratégiques. Celles-ci ne constituent plus, en fait, des données ésotériques et absconses. En effet, chaque équipe, plus précisément chaque staff technique, connaît parfaitement les forces et faiblesses de l’adversaire. C’est à qui, toutefois, désarçonnera l’autre par une trouvaille tactique inattendue. En outre, le succès de l’une ou de l’autre, dépendra en grande partie de la faculté des joueurs à appliquer les consignes de leurs entraîneurs respectifs, ainsi que de la forme du jour. Qui aura, pour ainsi dire, le dernier mot ? Les Etoilés (pour un 3e sacre), avec leur défense de zone quasi imprenable (60 points seulement encaissés à Nabeul, prolongations comprises), ou les Potiers (qui briguent une 9e consécration), grâce à leur agressivité des plus dissuasives, en homme-à-homme ?
L’ESS, optera-t-elle pour les mêmes armes que son adversaire comme elle l’a fait à un certain moment à Nabeul ou comptera-t-elle sur ses vertus coutumières ? Des interrogations, et tant d’autres, qui taraudent l’esprit des supporters des deux bords et qui affriolent les amoureux de la balle orange. Et que le meilleur gagne.

Wahid SMAOUI

Makrem Ben Romdhane (E.S.S.) : “Défense et grinta, nos atouts majeurs”

“Concernant la préparation, j’avoue que celle qui a précédé la deuxième manche, a été la plus pointue et la plus éprouvante dans tous les registres, avec une focalisation particulière sur le volet mental. Ce jour-là, les Nabeuliens, forts de leur succès inaugural, s’apprêtaient à faire la fête. Ils nous incombaient donc impérativement de remettre les pendules à l’heure. Ceci dit, et pour ce qui est de la préparation d’avant-Belle, elle a porté sur les carences de mise lors du match de Nabeul, notamment au niveau de l’attaque. Sinon, c’est toujours le mental qui occupe une place de choix dans les prérogatives de notre coach. Par ailleurs, nous comptons battre  à plate couture le constat selon lequel l’équipe recevante est fragilisée par l’insoutenable pression qui la paralyse quand elle opère à domicile. Il est vrai qu’ordinairement, nous jouons mieux à l’extérieur, là où nous sommes plus libérés. Mais, cette fois-ci, c’est un tout autre son de cloche que vous entendrez. En effet, la hantise du premier match s’est complètement volatilisée. Ce jour-là, dois-je le rappeler, notre public tiraillé par les engagements de l’équipe de football, nous a fait cruellement défaut. Il s’est rebiffé d’éclatante manière à Nabeul et aujourd’hui, il sera bien là pour nous porter à bras-le-corps. La balle est désormais dans notre camp à nous, les joueurs. Notre défense hermétique et notre grinta feront la différence en notre faveur. Nous devons bien cela à notre valeureux public et à notre club, en général, qui traverse des moments assez difficiles dans les autres sections notamment en football”.

Propos recueillis par W.S.

Nizar Knioua (S.N.) : “Le money time final, clé du match”

“Force est de reconnaître que notre préparation a quelque peu  dérogé à ses habitudes, après notre dernier revers à Nabeul. Elle a été, de ce fait, en grande partie conditionnée par les lacunes, assez inhabituelles je l’avoue, que nous avons donné à voir ce jour-là, ainsi que par les forces et faiblesses de l’adversaire étoilé. Toutes les cartes sont donc bien en règle et nous saurons encore une fois forcer la décision et ramener, de Sousse même,  un nouveau sacre. Je vous vois venir. Vous insinuez que l’équipe qui joue hors de ses bases et qui gagne,  constitue une donne à ériger en règle. Je n’en suis sincèrement pas persuadé. En effet, à chaque match suffit  sa peine et toute rencontre ne ressemble pas à une autre. La pression pèsera pareillement sur les  deux équipes. Et c’est à qui parviendra à la gérer au mieux. A propos de règle, j’espère qu’elle se vérifiera au moins encore une fois, du moment qu’elle sera synonyme  de titre. Quel facteur décisif fera pencher la balance d’un côté ou de l’autre? J’estime qu’il n’est pas assimilable à un détail en particulier. C’est tout le comportement de chacune des deux équipes pendant les cinq dernières minutes, qui fera la différence.  C’est une question de gestion technico-tactique, humaine et nerveuse, les ingrédients du money time en somme. D’ailleurs, je vous renvoie aux deux manches de cette finale. Aussi bien à Sousse qu’à Nabeul, tout s’est joué dans les 5’ finales. Il en sera de même pour le compte de la Belle. A vrai dire, les deux équipes méritent la couronne suprême. Malheureusement, la poire ne peut être partagée en deux”.


Propos recueillis par W.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com