Abbas Kiarostami : La référence absolue





Il y a deux semaines, nous avions évoqué “Le goût de la cerise” en rappelant à quel point cette œuvre palmée était un pilier du cinéma iranien . Nous revenons cette semaine sur une autre œuvre non moins importante de Kiarostami: “Au travers des oliviers” 
Nouri Bouzid a été doublement inspiré pour son “Making of”. En effet , le mécanisme brechtien selon lequel le spectateur assiste à la projection  à la fois du film ( fiction ) et le réalisateur mettant en scène le film ( reportage) n’est pas nouveau.
Abbas Kiarostami l’a fait dans “Au travers des oliviers” de même que son disciple Jafar Panahi dans “Le ballon”.
En 1992 , soit cinq ans avant “Le goût de la cerise”, Kiarostami produit “Et la vie continue” , l’histoire d’un tournage sur le survivants d’un tremblement de terre. Situé dans la même région, “Au travers des oliviers” est une comédie sur un réalisateur recrutant des comédiens pour un film.
L’aspect le plus important, voire le plus fascinant de ce film dans le film, est que le public ne sait jamais ce qui est fiction et ce qui est réalité.
La célèbre séquence finale suit les deux acteurs principaux du film, amoureux dans “la vraie vie”, se demandant en mariage, conférant au film une aura mystérieuse.  Le film est à la fois simple et complexe, intimiste et distancié (influence brechtienne oblige) et très pédagogique quant aux rapports humains et la préparation d’un tournage.
Ce n’est pas pour rien que Akira Kurosawa, le maitre japonais comme on a coutume de l’appeler, a lancé à Kiarostami: “Vous êtes le gardien de la culture orientale”, mise en péril par la mondialisation de la culture fast food. Et Kiarostami, ainsi que ses disciples, suivent à la lettre ces conseils. Mais attention, cela ne veut pas dire pour autant que le cinéma iranien est synonyme de monotonie! Bien au contraire, il ne cesse de se régénérer, tant au niveau narratif que technique.
A titre d’exemple, toujours en se référant à Kiarostam, l’un de ses premiers films “Close-up” confrontait un autre grand nom du cinéma iranien, Mohsen Mahmalbaf à un arnaqueur qui se faisait passer pour ce dernier et réclamait de l’argent, tant aux organismes publics que privés, et il le mettait dans sa poche. Ayant fini par se faire épingler et, traduit en justice, il est aussitôt libéré après que Mahmalbaf a retiré sa plainte .
Autre sujet en or pour le cinéaste, la condition féminine en Iran. Quelle ingénieuse idée que de mettre des femmes au volant et leur faire aborder des problèmes de tous les jours en leur laissant une grande marge d’improvisation et surtout en les confinant dans cet espace clos qu’est l’automobile dans Ten. 


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com