Une affluence modeste à la Foire internationale du livre de Tunis





La Foire internationale du livre a toujours constitué un événement de premier plan dans notre vie culturelle. L’effervescence créée avant, au cours et après cette foire ne laisse personne indifférent et notamment ceux qui s’intéressent à ce domaine.
Au terme de cette 27e édition, quelles sont les considérations et les réflexions que l’on pourrait faire ? Comment cet événement a-t-il été vécu par les visiteurs et surtout les spécialistes ? Que devrait-on faire pour améliorer l’efficacité des prochaines éditions et en assurer plus de succès ?
Lors des cinq premiers jours, beaucoup d’habitués avaient constaté une affluence assez modeste par rapport à l’année précédente. Apparemment, la crise économique y est pour quelque chose selon certains. Pour d’autres, il s’agirait de la cherté des livres. Pour d’autres aussi, cela pourrait s’expliquer par le fait que la foire n’a duré qu’un seul week-end. Le droit d’entrée (eh ! oui !) n’est pas apprécié par de nombreuses personnes. Celles-ci estiment que le fait de venir et d’acheter des livres est plus que suffisant. Si les exposants et les visiteurs payent, ce serait trop. Les spécialistes se refusent à se prononcer avant la clôture. L’année dernière on avait enregistré environ 250.000 visiteurs. Qu’en sera-t-il pour cette année ? On le saura plus tard !


Vérité des prix et crédibilité des remises
Il y aurait de nombreuses remarques à faire rien que pour les cinq premiers jours. Ceux qui ont eu la possibilité de visiter les 320 stands n’ont pas eu de peine à relever le niveau assez élevé des prix. En tout cas, c’est plus cher qu’avant, s’accorde-t-on à affirmer. 
D’aucuns soutiennent qu’il y a manipulation des prix de la part de quelques exposants. Les prix affichés seraient plus élevés que les prix réels de façon à obtenir, dans tous les cas de figure un bon prix une fois la remise de 20% consentie. Un visiteur a assuré que lui-même avait écrit un livre et qu’il l’avait remis à une maison de distribution pour une exposition. Ce n’était pas au cours d’une session de la Foire du livre précise-t-il. Il a proposé un prix de 3D500 pour son livre et la remise en vigueur dans pareil cas. En visitant le lieu de l’exposition, il s’est aperçu que son livre était proposé à 3D800 !
Si un tel phénomène était vérifié il pourrait entacher la crédibilité de cette manifestation. Cette pratique a été d’ailleurs constatée lors des soldes organisés chaque année. Des infractions ont été relevées et des sanctions ont été infligées aux contrevenants. C’est ce qu’il y a de plus normal. Aussi est-il crucial de ne pas négliger les plaintes des visiteurs de la Foire et de prendre en compte leurs doléances ou leurs suggestions.
Quant au public, on a remarqué qu’il était plutôt jeune. On suppose qu’il est constitué d’étudiants et d’élèves ou de jeunes fonctionnaires. Mais les autres classes d’âge n’étaient pas absentes. D’ailleurs, des excursions sont organisées à l’intention des étudiants et des élèves de l’intérieur.
Les stands qui attirent le plus sont ceux qui proposent des titres arabes. Et parmi eux, les livres religieux, scientifiques et littéraires. Cela donne une idée sur les tendances du lecteur tunisien. Justement, une étude réalisée pour la session écoulée montre que les achats de livres représentaient environ 50% de titres littéraires contre plus de 20% de titres scientifiques et techniques et un peu moins de 10% pour les titres concernant les sciences humaines.
Pour le reste  il y aurait également l’acquisition  de livres spécialisés (de bricolage, ludiques, sportifs…).


A. CHRAIET




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com