Après E.S.S. – S.N. (77-66) : L’analyse technique de… Abdessattar Elloumi : «La zone 1-2-2 étoilée, fatale au S.N.»





La finalissime du Championnat n’a pas, à l’évidence, échappé à l’œil critique des techniciens. Celui de l’un de nos consultants attitrés, Abdessattar Elloumi a vu une ESS souveraine défensivement, et un SN inhabituellement fragile.
«A l’entame du match, nous avons vu un SN fidèle à sa réputation et à son cachet coutumier. Ainsi, les Nabeuliens ont-ils appliqué à la lettre leur défense haute et agressive en homme-à-homme, un harcèlement sur le porteur du ballon qui leur a permis de récupérer un grand nombre de ballons et d’amorcer des contres réussis. Ils purent ainsi mener (3-12) puis (13-21).
Face à cette défense rugueuse, les Etoilés ont cafouillé en attaque. Ayant parfaitement lu la donne de mise, le coach étoilé a changé sa défense, en incorporant Salah Mejri et a troqué l’homme-à-homme contre une zone en 1-2-2, avec trapping sur les côtés. Ce choix s’est révélé judicieux, d'autant plus que les Nabeuliens se sont mêlés les pinceaux en cherchant les coins, au lieu d’opter pour des attaques axiales. En outre, ils ont été pénalisés dans leur jeu, après la 4e faute personnelle commise par Anis Hadidane prématurément et qui l’a contraint de faire défaut aux siens pendant une longue période.
Au début du second QT, les deux défenses ont nettement pris le dessus et à partir de la première égalisation à (27-27), le match basculera en faveur de l’ESS, trahissant, au passage, un inhabituel affolement des Nabeuliens aussi bien en attaque qu’en défense. Ajouté à cela, l’excellent rendement offensif de l’Américain Jamar et son insolente réussite dans les tirs lointains. Ce dernier était pourtant marqué par deux défenseurs, le second en deuxième rideau. Les Potiers furent doublement sanctionnés, vu que, d’une part, l’Américain a su s’en sortir à son avantage et que, de l’autre, le rebond défensif nabeulien s’est vidé, ce dont profitèrent Mejri, Brâa et Ben Romdhan pour s’en donner à cœur joie.
Ce scénario prévaudra tout au long du troisième QT, avec une Etoile souveraine en défense, à la lumière de sa zone en 1-2-2 et un SN donnant à voir une fragilité mentale génératrice d’attaques stériles et de tentatives lamentablement ratées, en référence aux 6 points seulement marqués en 9’.
Par ailleurs, et au beau milieu du quatrième QT, le SN va changer de défense. Mais au lieu d’opter, à mon humble avis, pour une défense avancée sur tout le terrain afin de récupérer plusieurs balles et de réduire l’écart, les Nabeuliens évolueront en zone 3-2, avec Mohamed Hadidane comme curseur. Cette tâche, consistant à harceler haut, plus précisément le poste 1 adverse, et à défendre sous le panier, va l’épuiser. Cette attitude défensive, à laquelle, de surcroît, les Nabeuliens ne sont pas habitués, est tout à fait inopportune et infructueuse quand l'adversaire est détaché au score. Ce n’est qu’à 2’ de la fin que le SN va appliquer la zone presse, mais c’était trop tard, la cause étant déjà entendue. Pour synthétiser, je dirai que l’ESS a mérité son titre, grâce à son hermétique défense en 1-2-2 et aussi à une grande réussite dans les tirs à 3 points, au nombre de 12, avec mention spéciale à Jamar et Mouhli, soit pratiquement la moitié du total engrangé. Quant au SN, il était l’ombre de lui-même, à la lumière de cette surprenante fragilité mentale pour un ensemble rompu à ce genre de confrontations relevées, qui lui a fait perdre ses vertus coutumières, si l’on excepte les premières minutes du match».


Propos recueillis par Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com