De fil en aiguille : L’équation inversée





Qui d’entre nous n’a pas rêvé de se mettre dans la peau de Crésus, ce roi de l’Antiquité dont la richesse est légendaire. Il y avait aussi le roi Midas qui avait le pouvoir de transformer en or tout ce qu’il touchait mais dont la bêtise indisposa Apollon au point que le dieu lui fit pousser des oreilles d’âne.
Mais au fond, bêtise ou non, peu importe! L’essentiel, me diriez-vous, c’est de rouler sur l’or. Passer sa vie dans des somptueuses villas, conduire de rutilantes bagnoles, se pavaner dans  des yachts féériques, organiser des fêtes à  faire pâlir la parentèle et le voisinage, qui de nous n’y a pas  pensé, ne serait-ce que l’espace d’une seconde!
On reconnaît là les fantasmes de ces migrants qui, sur de minables esquifs, affrontent les dangers de la mer, le cynisme et la cupidité des passeurs, la faim et la soif, s’imaginent qu’ils allaient débarquer dans un  Eldorado, qui assouvirait leurs rêves. Mais quand ils arrivent, souvent par une chance inouïe, à mettre pied en Occident, ils s’aperçoivent que la réalité est tout autre. Adieu, alors, veaux, vaches, poulets ! Un réveil qui fait terriblement mal.
En Somalie, des malins se sont dit que, au lieu d’aller chercher fortune dans le Vieux Continent, mieux valait inverser l’équation en attirant les richesses chez soi. D’où la diabolique idée de la piraterie. En effet, arraisonner des navires de passage au large des eaux somaliennes, c’est réaliser un double profit. On fait main basse sur les marchandises transportées (armes, céréales, etc...) et en même temps on extorque une rançon bien rondelette. On s’équipe ainsi d’armes nouvelles, on se forme à leur maniement et on vit comme des nababs.
C’est donc une affaire si juteuse que l’on ne voit pas pourquoi on s’arrêterait en si bon chemin.


A.Ch.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com