E.S.S. : Pour un nouvel envol





Le renouveau de l’Etoile s’est confirmé samedi face à Al Ahly de Tripoli. Confronté à une obligation de résultat, l’Etoile n’avait pas beaucoup de choix après le résultat de parité vierge de l’aller.
Dans ce contexte, Gernot Rohr ne tergiversa pas et aligna d’entrée une formation à vocation offensive avec Jedaied, Opara et Bukari. Un 4-3-3 qui se transformait à la perte du ballon en 4-4-2, voire en 4-2-3-1. Il s’agissait de mettre d’emblée la pression sur l’adversaire, mais il ne fallait surtout pas se faire piéger sur un contre. Un vrai dilemme … Il faut surtout savoir que la donne aurait été tout autre si l’arbitre avait sifflé un penalty sur une faute évidente de Jmel sur l’attaquant libyen, Fezzani. Les fans étoilés ont frôlé la douche écossaise.
Cela eut pour effet d’encourager les coéquipiers de Felhi d’aller vraiment de l’avant. Cette manière de procéder ne mit pas longtemps pour s’avérer payante puisque au bout d’un quart d’heure, Sadate Bukari va ouvrir le score en profitant d’un flottement de l’axe central libyen et d’une sortie hasardeuse du gardien de but. Un vrai caviar dans le dos de la défense qu’il ne refusa pas puisqu’il le concrétisa par un joli lobe.


Sueurs froides
Paradoxalement, ce but, au lieu de libérer les Sahéliens en les encourageant à continuer d’aller de l’avant, fit l’effet contraire. Al Ahly sortit de sa réserve pour tenter de refaire le terrain perdu et avança d’un cran. Les  Rouges reculèrent et cédèrent l’initiative à des Libyens  qui n’en demandaient pas tant.
Les Etoilés jouaient avec le feu en permettant à l’adversaire de se créer des actions chaudes, menaçantes. Bernés par le faux rythme de leurs invités, les protégés de Rohr se contentèrent de procéder en contre. Option délibérée ou non? En tout état de cause, cette passe difficile faillit se terminer si Tonniche, lancé en profondeur avait eu autant de réussite dans son lobe que son coéquipier. Malheureusement pour lui et son équipe, cette fois, la transversale s’interposa. Agressifs, cherchant à imprimer à cette rencontre une ambiance délétère, les Ahlaouis vont se montrer provocateurs sous les yeux trop indulgents de l’arbitre soudanais, visiblement hors du coup.
Heureusement que le banc de l’ESS intervint rapidement pour empêcher les joueurs de céder à cette provocation.
Il  fallut attendre la 43’ pour voir l’ESS se libérer et tout en puissance. En effet, sur une balle arrêtée, Aymen Abdennour jaillit au second poteau pour reprendre en force de la tête mais, Naceur Khatouch, le keeper libyen, repousse sur Ammar Jmel lequel, à l’affût,  réalise le break d’un retourné acrobatique.
Après la pause, l’Etoile doit d’abord contenir les velléités offensives adverses. Les Tripolitains sont accrocheurs et ne sont pas près de baisser les bras. Au sein de l’Etoile qui recule mais ne cède pas, le jeune latéral gauche Aymen Abdennour se montre intraitable. Rien ne filtre et cette tournure, souvent heurtée, lui sied à merveille. Son jeu tout en puissance se base sur un potentiel physique incontestable. Il a été le meilleur joueur du match par son abattage, sa solidité et sa force de caractère.
Contrairement, ses coéquipiers du milieu de terrain sont à la peine et se font largement dominer. Gernot Rohr, un peu lent à la détente, mit tout de même quelques minutes pour pallier cette lacune avec la sortie d’Emeka Opara et la rentrée d‘ Afouane Gharbi.
Ce n’est que lors des dix dernières minutes que l’Etoile va pouvoir enfin dérouler permettant à son public de se décontracter et de donner de la voix. Sans être transcendante, l’Etoile est parvenue à réaliser l’essentiel, à savoir la qualification pour la phase de poule de la Ligue des champions. Pour la manière, on repassera. En cette fin de saison harassante, on se dispensera de faire la fine bouche.
Gernot Rohr, n’en disconvient pas: «Nous avons réalisé l’essentiel en marquant deux buts en première mi-temps face à une équipe respectable. Par la suite, nous avons géré notre avantage intelligemment. Nous accédons ainsi à la phase poule de la Ligue des champions, c’est le plus important car cela va booster davantage le groupe».
Un groupe qui aura besoin de se refaire une santé et surtout de récupérer tous ses éléments de base. Samedi, Berradhia a laissé un grand vide sur le flanc droit. Felhi, le valeureux capitaine qui l’a suppléé à ce poste semblait gêné par un bobo, mais s’en est tout de même sorti. Berradhia, spectateur attentif du match jugera lui-même son coéquipier: «Felhi a assez d’expérience et de savoir-faire pour tirer son épingle du jeu. Il a bien rempli son rôle».


A.S.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com