Billet : Les mêmes causes produisent les mêmes effets





Par Tahar  El Almi
 Dans les couloirs feutrés de la faculté des Sciences juridiques, économiques et sociales de Casablanca,(comme ailleurs ?) où on vit à l’heure (?) de la relance de l’Union Pour la Méditerranée, les non–dits font la part belle à la crise internationale.
Les «pour » considèrent que « l’UPM est une opportunité et une nouvelle chance pour le rapprochement politique, économique, social et culturel entre les pays de la rive Nord et Sud. C’est un projet ambitieux qui réunirait 43 pays (?) de la Méditerranée et qui constituerait une chance (?) pour la région». Les «contre» estiment que «L’UPM marche à côté de ses pompes. La démarche est totalement inadéquate et inadaptée ». Ce qui m’incite à relever un certain nombre de points.
En premier lieu, quelles sont les chances de succès d’une « ré-union» à 43 pays (?) alors que le processus de Barcelone (5+5) a avorté ? A l’évidence, si « le gros problème de l’UPM, c’est le conflit israélo-palestinien», alors qu’en est-il du paternalisme de certains –pour ne pas dire plus- du «Nord» envers le «Sud». Au-delà du paternalisme, les donneurs de leçons qui s’érigent en gourous oublient de faire le ménage chez eux.
En deuxième lieu, comment peut-on prétendre « elancer» une UPM à 43 quand on a échoué à consolider un « Processus à 5+5 » ? Et il ne pouvait qu’échouer, du fait de la dispersion des concepts et des énergies. Sans parler du ciblage de l’objectif final. La démarche était inadéquate. Avec une UPM à 43, les mêmes causes produisent les mêmes effets, et en prime, la démarche devient inadaptée. Et ce n’est pas en ne laissant que des miettes aux tenants du « Sud » que la démarche s’améliorerait. Surtout que ces derniers étaient les premiers initiateurs du « Processus », mais avec une démarche plus efficiente. Il aurait mieux valu que les vrais initiateurs soient associés dans la mise en place du «Nouveau Processus». 
En troisième lieu, notons que les pays européens dans leur grande majorité, en campagne pour élire leurs députés au Parlement Européen, ne sont pas acquis au « Concept UPM ». Ils ont d’autres chats à fouetter. Dans les pays du Sud, il en est de même, sauf que leur chat est d’autant plus insaisissable qu’il échappe à tout contrôle, puisqu’il s’appelle «les retombées de la crise systémique du capitalisme du Nord», dont on ne voit pas la sortie…
Enfin, comment peut-on prétendre installer une «UPM» dans un salon bon chic et bon genre, quand le salon n’existe pas. Pas d’institutions, pas de budget. C’est oublier l’histoire de la construction européenne. Elle s’est faite dans un objectif final clair, initiée par un axe de pays similaires, avec des institutions communes et un budget à la mesure de leur « démarche ».
A l’évidence, l’UPM serait un avion en pièces détachées, sans réacteurs, sans kérosène, sans pilote et sans plan de vol. Sauf erreur ou omission de ma part, il ne risque pas de décoller…


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com