Iran-présidentielle : Ahmadinejad, seul contre tous





Le président iranien va affronter trois principaux adversaires, allant du camp réformateur à celui des conservateurs mais, qui critiquent tous la politique du gouvernement.


Le Quotidien-Agences
Hier matin, le réformateur Mehdi Karoubi, ex-président du parlement, s'est officiellement inscrit au ministère de l'Intérieur, suivi de peu par l'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi, un conservateur modéré, soutenu par les réformateurs.
Agé de 72 ans, l'hodjatolislam Mehdi Karoubi, un religieux de second rang, porte le surnom de "cheikh des réformes".
"Je me présente pour le changement", a déclaré Karoubi avant d'affirmer que l'actuel gouvernement était "incapable de faire son travail".
En 2005, Karoubi, arrivé troisième lors du premier tour de la présidentielle, avait protesté publiquement contre des irrégularités au profit de Mahmoud Ahmadinejad, arrivé second.
Pour sa part, Moussavi, qui a été Premier ministre durant la guerre Iran-Irak (1980-88), se définit comme un "réformateur attaché aux principes" de la révolution islamique de 1979.
Revenant sur le devant de la scène après une éclipse de 20 ans, il est soutenu par l'ancien président réformateur Mohammad Khatami et les principaux partis du camp réformiste.
"J'ai décidé de me présenter car je trouve que la situation politique, économique et culturelle est inquiétante", a déclaré Moussavi avant d'ajouter qu'il voulait défendre "la liberté de pensée et d'expression" et œuvrer pour de "meilleures relations entre l'Iran et le monde".
Le troisième principal adversaire de Ahmadinejad, Mohsen Rezaï, un ancien chef des Gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime islamique qu'il a dirigée pendant 16 ans (1981-1997), est secrétaire général du Conseil de discernement, principal organe d'arbitrage politique ayant un rôle de conseil auprès du Guide suprême.
Agé de 54 ans, M. Rezaï a multiplié les critiques contre la politique du président Ahmadinejad, qui s'est inscrit comme lui vendredi comme candidat.
Interrogé sur ses chances de réélection,  Ahmadinejad, 52 ans, a déclaré vendredi "ne pas penser à ces questions" et vouloir "juste servir le peuple"."J'ai bon espoir", a-t-il cependant ajouté.


Sérénité
Ahmadinejad est l'une des figures les plus controversées du régime islamique.
Elu à la surprise générale en 2005, il aime à se présenter comme un dévot de l'islam et un homme du peuple.
Il a aussi conservé un mode de vie très simple, se vêtant modestement avec un blouson de toile beige, et n'a eu de cesse depuis son élection de rendre visite aux villages les plus retirés du pays.
Une fois élu, il s'est assuré une image de "dur" en qualifiant par exemple l'Holocauste de "mythe", ou en affirmant qu'Israël, l'ennemi juré de la République islamique, est voué à "disparaître de la carte".
Le vice-ministre de l'Intérieur, Kamran Daneshjou, a déclaré que les candidats pouvaient s'inscrire jusqu'à hier minuit heure locale.
"La dernière fois, nous avions plus de 1.000 candidats inscrits mais cette fois-ci nous en avons environ 250 d'enregistrés", a-t-il déclaré selon le site internet de la télévision d'Etat.
La liste des candidats sera remise au Conseil des Gardiens de la constitution pour approbation. En 2005, le Conseil avait approuvé la candidature de sept personnes sur les mille et quelques candidats inscrits.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com