Billet : Un peu de cinéma… dans notre télévision





Il ne faut pas rêver: il n’y a qu’un Festival de Cannes, et il est à Cannes. On ne peut en faire un autre, mais on peut faire différemment. Carthage, Ouagadougou, Le Caire, Venise ont fait différemment, toutes proportions gardées, et ont réussi. Mais Cannes, reste Cannes. Ses belles stars, ses stars et ses paillettes, son luxe, ses milliers de journalistes, et bien entendu la qualité à proprement parler de la manifestation cinématographique elle-même. Etre sélectionné à Cannes est déjà un témoignage de reconnaissance et un visa pour la célébrité. Il faut dire que, malgré quelques dérapages dûs à des effets de mode, les dirigeants de ce grand festival sont restés exigeants sur la qualité des films sélectionnés, ce qui a permis à Cannes de garder intacte sa fascination sur cinéastes et critiques.
On se souvient d’ailleurs que ce festival était suivi de près, par presse et télévision interposées, par notre petit monde du cinéma tunisien. C’était l'époque où le rêve puis la volonté compensaient le manque flagrant de moyens. Les Journées cinématographiques de Carthage sont nées de là. A cette époque-là, il y a trente ans peut-être et jusqu’à récemment encore, la télévision nous informait et nous distrayait par une émission sur le cinéma qui était une constante dans son programme. On imaginait mal un mois de télévision sans une émission sur le cinéma. L’on se souvient encore des têtes aussi bien pleines que bien faites des Moncef Charfeddine, Mustapha Nagbou ou Khemaïes Khayati. Même si l’approche différait d’un présentateur à un autre, l’émission offrait une intéressante occasion pour se cultiver sur le 7e art grâce aux débats qui suivaient la rediffusion des films lesquel étaient souvent choisis parmi les œuvres sélectionnées ou primées à Cannes.
Ainsi, grâce à la télévision, Cannes venait à nous. Aujourd’hui beaucoup parmi nos cinéastes, producteurs et critiques de cinéma vont à Cannes, mais l’on a rien de vraiment bon sur ce festival.
Conclusion: si la télévision oublie le cinéma, il disparaît. Et si le cinéma disparaît de la télévision —ce qui est le cas, hélas— elle devient médiocre, ce qui est aussi le cas, hélas.
Il ne nous reste donc qu’à espérer, nous qui ne pouvons aller à Cannes, que la télévision réintègre son émission de cinéma.


A.Y.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com