Congrès mondial des ingénieurs : La Tunisie se prépare au Sommet mondial de la société de l’information





C’est hier que se sont ouverts les travaux du Congrès mondial des ingénieurs à Tunis sous une tête de chapitres d’importance vitale pour les pays en développement : la “faille numérique” qui les sépare des pays industrialisés. Dans son adresse de bienvenue, M. Kamel Ayadi, figure de proue dans la communauté des ingénieurs en Tunisie, s’attaque avec conviction aux scientifiques et aux techniciens des pays en développement en particulier et à ceux des pays du monde entier en général, les exhortant à réfléchir et à concevoir les techniques et des procédés qui permettent le partage des nouvelles technologies. Tunis - Le Quotidien “Cette journée restera à jamais dans la mémoire de l’Union internationale des organisations d’ingénieurs”, souligne à l’ouverture, M. Kamel Ayadi, Président du Congrès qui vient préparer la tenue du Sommet Mondial sur la Société de l’Information qui se déroulera en parité entre la Suisse et la Tunisie successivement en 2003 et 2005. Ce sommet qui mettra les bases de directives et de programmes pour résoudre les différents problèmes liés au développement des technologies dans le monde. Et M. Ayadi d’ajouter que le rôle des ingénieurs et des scientifiques du monde entier est de réfléchir et de concevoir les techniques et les modalités qui permettent de faire partager les opportunités des nouvelles technologies par tous les peuples dans le monde, et ce en atténuant les obstacles techniques qui empêchent l’accès aux réseaux et aux sources d’information et du savoir. La fracture numérique qui menace ces ambitions impose aujourd’hui, toujours d’après M. Ayadi, aux pays développés de manifester plus d’efforts pour permettre aux pays pauvres et en voie de développement d’améliorer leurs capacités et leurs ressources humaines dans ce domaine. Créer une solidarité numérique Dans le cadre de la première conférence d’ouverture, M. Mamadou Diop Decroix, ministre sénégalais de l’Information et de la coopération panafricaine dans les nouvelles technologies, a présenté le discours du président de la République du Sénégal, Abdoulaye Wade. Le message a exposé l’expérience du Sénégal dans le domaine de la coopération dans les nouvelles technologies, expérience qui présente une solution fiable pour réduire les écarts entre les pays en termes d’accès à l’information et au savoir. Le discours du président sénégalais évoque l’urgence de penser à une solidarité numérique entre les peuples et les pays. Cette solidarité vient faire face à l’unilatéralisme qui gouverne jusqu’à aujourd’hui la création des contenus et l’exploitation des sources de l’information. L’objectif serait ainsi, à travers un monde plus solidaire dans le domaine des technologies, de faire participer tous les pays riches et pauvres en vue de bien se servir des technologies pour accélérer la cadence du développement dans le monde. Des solutions universelles pour réduire la “fracture numérique”. Le Prix Nobel, le docteur Jérôme Karle, président de la Fondation mondiale de l’innovation (USA) est intervenu pour évoquer de nombreux sujets liés aux questions de l’innovation et le rôle des ingénieurs dans le développement et le progrès des différents aspects de la vie humaine. Le Dr Karle estime que les scientifiques et les ingénieurs, qui ont réalisé beaucoup d’innovations et qui ont contribué effectivement donc les résolutions de nombreux problèmes touchant la vie de l’homme et son environnement économique et écologique, auront aujourd’hui, une grande mission à accomplir: celle de la recherche de solutions universelles pour réduire la fracture numérique qui ne cesse de s’élargir entre les pays et les peuples. Un marché de 5 milliards de consommateurs M. Talal Abu-Ghazalah, vice-président du groupe de travail des Nations unies pour les TIC, a insisté pour sa part, au cours de son allocution, sur le fait que la contribution des pays industrialisés est incontestable dans les efforts de réduction des écarts entre les pays et que ces producteurs et industriels de la technologie et de l’information auront un grand intérêt à combler la fracture dans la mesure où un marché de 5 milliards de consommateurs vaut encore plus que celui limité à 2 ou 3 milliards d’individus. Dans ce sens, la fracture numérique est un souci mondial qui n’épargne aucune partie, toujours selon Abu Ghazalah, qui a véhiculé l’un des messages-clefs de l’ONU : la Communauté internationale doit faire véhiculer un message permanent de partage numérique pour donner des chances égales pour tous. C’est aussi le message de la Tunisie qui va avoir l’honneur d’accueillir le Sommet mondial de la “Société du savoir en 2005”. Hassen GHEDIRI


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com