3 questions à Loïc Fauchon, Gouverneur du Conseil mondial de l’eau (France)





“La Tunisie maîtrise très bien ses ressources en eau” Le Conseil Mondial de l’eau est une institution qui œuvre sur le plan international pour sensibiliser les décideurs et les consommateurs sur la nécessité de rationaliser la consommation de l’eau et créer un comportement plus responsable à l’égard de cette énergie de plus en plus rare. Le Gouverneur de cette institution estime que la Tunisie est un bon exemple grâce à sa politique réfléchie pour préserver et maîtriser ses capacités hydrauliques. Le Quotidien: En quoi consiste l’intervention du Conseil Mondial de l’Eau (CME) à l’égard des politiques engagées dans le monde au niveau de l’exploitation de l’énergie hydraulique et sa préservation? M. Loïc Fauchon: Le conseil Mondial de l’Eau est une institution créée il y a près d’une dizaine d’années par des bailleurs de fonds (la Banque Mondiale, la Banque Européenne, la Banque Africaine de Développement…) et par des institutions proches des Nations unies (FAO, OMI…) ainsi que par un certain nombre d’organisations professionnelles de l’eau (irrigation, distribution…) aussi bien du secteur public que privé. Pour son rôle, le CME a pour mission principale de mettre en place un lieu de rencontre et d’écoute pour engager toutes les parties concernées par la question de l’eau à débattre et discuter les différents problèmes qui sont liés à la gestion et à l’exploitation de cette énergie vitale et de plus en plus menacée. Le Conseil tient alors à traiter tout ce qui concerne le financement, l’organisation des institutions d’exploitation ainsi que les questions liées au rôle des pouvoirs publics dans la distribution et la décentralisation de l’eau dans les pays. Le rôle du CME peut être résumé, alors, à une simple action de conviction et de lobbying qui essaie d’exercer une sorte de pression sur les gouvernements pour mettre en place des politiques permettant de préserver et de bien exploiter les ressources hydrauliques, sans toutefois avoir l’autorité d'imposer ces politiques. Le CME qui n’est pas une organisation à gros moyens financiers tâche alors, à travers son activité, de convaincre deux types de clients. En premier lieu les décideurs qui devaient dégager plus de financements dans le domaine de l’exploitation et de mettre en place des législations plus favorables à l’eau. Le deuxième public concerné par la mission du CME est le grand public et notamment les médias qui jouent un grand rôle dans la sensibilisation et la mobilisation de tous les individus à maîtriser la consommation et réduire le gaspillage de cette énergie. Le Quotidien: A quel niveau la recherche et l’innovation ont-elles contribué à résoudre quelques problèmes liés à la question de l’eau? L.F: L’intérêt principal de ce congrès est d’essayer de bien faire comprendre et de bien expliquer qu’on a intérêt à échanger nos connaissances et nos pratiques appliquées dans le domaine de la recherche. De l’autre côté, il s’est avéré primordial pour tous d’exposer leurs différents centres d’intérêts pour accélérer la recherche et l’innovation dans un cadre de coopération. L’innovation technique et la recherche présentent, dans ce sens, des solutions remarquables pour la question du gaspillage de l’eau. Les recherches ont permis la conception de plusieurs équipements avec des dispositifs qui permettent de maîtriser la consommation de l’eau dans les ménages, les hôtels et les institutions publiques, par exemple, qui représentent des grands consommateurs-gaspilleurs d’eau. De ce fait, l’innovation va, en quelque sorte, satisfaire les besoins et répondre aux réclamations de toutes les parties: les écologistes qui verront l’intérêt accordé à la préservation de l’environnement plus important, les consommateurs qui auront de nouveaux équipements plus économiques et enfin les industriels qui vont pouvoir augmenter leurs ventes. Le Quotidien: Comment jugez-vous la politique de gestion de l’Eau en Tunisie? L.F: En Tunisie, on a constaté une bonne volonté de maîtriser les ressources en eau et de gros efforts dans le domaine de l’exploitation et la distribution. La SONEDE est une bonne société qui fait un grand travail pour minimiser les pertes sur le réseau et je peux dire que le réseau de la SONEDE est plus performant que celui d’une ville comme Marseille. D’autre part, les grandes réalisations et les travaux dans le domaine des réservoirs et des bassins démontrent la politique avant-gardiste des pouvoirs publics à l’égard de la question de l’eau. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com