Comment conduisent les Tunisiens ?





L’été est à nos portes. C’est une période tristement célèbre par le nombre d’accidents  enregistrés  sur nos routes. Le nombre des morts et  des blessés dans les accidents, est en ascension, à pareille période, ce qui n’est pas sans soulever des interrogations sur la conduite adoptée par  de nombreux conducteurs une fois au volant.
Comment conduisent les Tunisiens ?

* Fathi Ben Azouz (Fonctionnaire) : « Le Tunisien est plus pressé que sa voiture »

« J’ai constaté que  de nombreux Tunisiens ont leurs permis de conduire, mais conduisent très mal. Une fois au volant, ils filent n’importe comment, sans respecter ni les piétons, ni les autres conducteurs. C’est d’ailleurs ce qui explique le fait que la Tunisie soit, aujourd’hui,  l’un des pays où les accidents de la circulation font le plus de victimes. J’ai l’impression que le Tunisien, une fois au volant, semble beaucoup plus pressé que sa voiture. Parfois, il m’arrive de constater que certains chauffeurs conduisent en communiquant au téléphone portable, pendant une bonne partie de leur trajet et ce, malgré l’interdiction de l’usage de cet appareil au volant. D’autres n’hésitent pas, en revanche,  à monter sur le trottoir  et à rouler même en sens inverse, sans se soucier, le moindre instant, du code de route. La meilleure façon de punir sévèrement ces indisciplinés de la route, c’est d’instaurer le permis à points et, d’installer des radars dans  tous les endroits sensibles des grandes agglomérations».


* Asma Bouali, (Employée) : « Ils respectent le code de la route, malgré eux »

En ce qui me concerne, quand j’effectue parfois des courses, j’ai la peur au ventre, pour la simple raison que de nombreux tunisiens ne respectent pas,  la plupart du temps,  le piéton. Sur certaines routes, comme la Route X, les voitures filent à une vitesse surprenante, dépassant parfois  les normes de kilométrage fixées par le code de la circulation.  D’autres conducteurs se permettent aussi de conduire, même en état d’ébriété, sans se soucier de leur propre vie ni  de celles  des autres, ce qui est formellement interdit par la loi.  Pis encore,  quand le conducteur  s’aperçoit  qu’il n’y a pas d’agents de la circulation, il brûle parfois le feu rouge. Pour s’en rendre compte, il suffit de circuler à une heure tardive de la nuit dans le Grand Tunis, pour constater que  de nombreux Tunisiens respectent le code de la route, malgré eux. Les agents de la circulation font de leur mieux  pour  faire respecter le code de la circulation, comme d’ailleurs, les associations impliquées dans la prévention des accidents de la circulation. Mais  certains conducteurs rechignent à respecter la loi comme il se doit. De ce fait, les agents de la circulation doivent continuer à prendre les mesures nécessaires afin de les ramener à la raison.


* Abdelaziz Nagatti (Fonctionnaire à la Banque  Centrale de Tunisie) : «Faire preuve de sang froid, pour éviter les accidents»

Pour parler objectivement, plus de la moitié des conducteurs tunisiens ne respectent pas le code de la route. En conduisant, je me rends compte de cette réalité irréfutable. Il faut faire preuve, à mon sens, de beaucoup de sang froid, pour éviter  de cogner une  voiture ou  se faire faucher quand on est piéton. De nombreux conducteurs ne prennent même pas la peine  de lever la tête et de regarder les panneaux de signalisation, ou de stop. Au niveau des virages, ils ne vous donnent jamais la priorité quand vous en avez le droit. Ce qui est surtout écœurant, c’est  que, dans certaines rues étroites, des conducteurs se permettent même de rouler en sens inverse. Dans le Grand Tunis, chose d’autant plus flagrante encore, il n’est pas rare de voir certains conducteurs emprunter  la voie du métro  pour se rapprocher de leurs lieux de travail ou éviter les multiples embouteillages.  D’autres, par contre, par empressement, brûlent les feux rouges et occasionnent des embouteillages monstres»..


Propos recueillis par O.W.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com