Coupe de Tunisie (Demi-finales) : Le mérite, apanage du S.N. et de la J.S.K.





Dame Coupe a, en dernier ressort, jeté son dévolu sur le S.N. et la J.S.K. Loin de toute propension lunatique et en toute logique.
C’est que le mérite a été, finalement, consacré. Au Gorjani, les Potiers ont été dominateurs de bout en bout. Grâce à leur défense agressive, ils ont tangiblement réduit la manœuvre clubiste, si bien qu’Ezzehi et compagnie n’ont presque jamais trouvé les solutions idoines. Les Lahmar, Kraïem et Rajhi se sont échinés à orchestrer le jeu, mais il n’y avait pas cette constance dans le rendement. Les 24” n’étaient pas mises à profit comme de coutume, soit que les finisseurs sont bien contrés, soit qu’ils sont tout simplement mal inspirés. Quand ils optent pour les attaques placées, les Clubistes se caractérisent par une lenteur qui leur fut préjudiciable, d’autant plus que la défense avancée des Potiers a permis de bien museler Lahmar et Kraïem.
Les seules fois où les Clubistes se montrèrent dangereux, c’est lorsqu’ils accélérèrent le jeu, un recours par trop intermittent et qui ne s’est réellement cristallisé que vers la fin. Ce fut globalement un match défensif où l’homme-à-homme a prédominé des deux côtés, avec un changement d’attitude pour le CA au troisième Q.T., à la lumière de la zone 122. Pour les Nabeuliens, l’opportunité de sauver leur zone, après la perte du championnat, s’offre de nouveau. Et bien entendu, l’un des plus heureux était Habib Bayoudhi à qui la mission de conduire l’embarcation nabeulienne à bon port, après le limogeage d’Alain Gay, a été confiée. Impressions: “Sans porter de jugement sur le travail de mon prédécesseur, ne détenant pas les éléments objectifs pour le faire, j’ai hérité un groupe affecté, fragilisé par le doute qui a érodé son mental. Dieu merci, grâce aux efforts des responsables et de la réceptivité des joueurs, le travail psychologique a donné ses fruits. Le match face au CA a été bien négocié. Le seul reproche que je formule à l’endroit de mes poulains est cette déplorable démobilisation à +18. Concernant notre adversaire pour la finale, je n’ai pas de préférence particulière, me devant, en professionnel, de me préparer à toutes les éventualités. Je reconnais que les joueurs auraient souhaité se mesurer à l’ESS, esprit de revanche oblige. mais, c’est finalement la JSK, une équipe redoutable actuellement, au pic de sa forme. Pour ce qui est du stage d’avant-match, nous ne dérogerons pas à nos habitudes. Nous effectuerons notre veillée d’armes dans nos murs, tout en faisant la navette Nabeul - Radès pour les entraînements”.


Et revoilà la Chabiba
A propos de l’autre demi-finale, un dénominateur commun ne manque pas de s’illustrer particulièrement. C’est qu’à l’instar de Bayoudhi, Walid Gharbi, appelé à la rescousse, a eu le dernier mot. Pour les deux hommes, donc, l’opération-commando a réussi et pour l’un d’eux, elle sera rondement et définitivement réussie, samedi prochain. Pour revenir au match proprement dit, la JSK et l’ESS ont opté, globalement pour l’homme-à-homme, avec des duels très engagés, tels que Malik-Ben Romdhane, Slimène-Jamar, Bouden-Braâ... La Chabiba, malgré un rebond défensif moins incisif sur le papier, a pu récupérer plusieurs ballons, reconvertis en contres meurtriers, facilités par deux joueurs dont le profil sied parfaitement à cette arme fatale, entendons Laghnej et la belle surprise, Hamza Slimène, le frère cadet de Radhouène.
Sur les attaques placées, les Kairouanais ont opté pour un jeu périphérique ponctué par des pénétrations.
A ce niveau, l’on ne peut omettre de louer à sa juste valeur l’excellente et probante prestation de Marouène Laghnej, aussi bien à la manœuvre que dans le pointilleux registre des “assistés”, à telle enseigne que ses coéquipiers ont été servis sur des plateaux d’or. L’ESS, pour sa part, a paru assez émoussée, à l’image de Ben Romdhane inhabituellement timoré.
Il est vrai que la JSK a sorti un grand match, mais la bande de Labidi semble trahie par la méforme, voire la saturation de certains hommes de base, notamment les internationaux hormis Brâa, égal à lui-même. Il n’y a qu’à  voir la défense étoilée aussi perméable, aussi passive, alors que d’habitude elle constitue le point fort de l’équipe. Comment Walid Gharbi a vu le match? Impressions, d’un homme comblé:
“Comme prévu, ce fut une empoignade très éprouvante. J’ai varié les schémas défensifs (homme-à-homme, box and one...) sachant que les Etoilés s’adaptent rapidement à n’importe quelle défense. Le but était de les déstabiliser. En  attaque, il fallait faire circuler le ballon sur la périphérie et opérer des renversements. Cela a bien fonctionné mais à +16, les joueurs et c’est le péché mignon de tous les Tunisiens, sont tombés dans la facilité. Et contre une équipe comme l’ESS, dont la rigueur mentale est connue, pareille attitude laxiste se paye cash. Et nous avons failli en payer  le prix. Maintenant, il va falloir gérer sciemment l’euphorie générale et bien se préparer en fonction du profil de notre adversaire en finale. Concernant la préparation, nous comptons effectuer notre mise au vert et notre veillée d’armes à Tunis, pour tirer au maximum les dividendes d’une sérénité et d’une concentration dignes de ce nom”.
Ceci dit , avec deux équipes aussi spectaculaires, et techniquement aussi performantes que le SN et la JSK, la finale de samedi prochain à la somptueuse salle de Radès, promet monts et merveilles.


Wahid SMAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com