E.N. : Des choix en fonction du… public !





Face au Mozambique, Coelho n’a pas uniquement joué avec le feu puisqu’il s’est mis à la pratique d’un autre jeu, beaucoup plus grave...
Nous ne pouvons sous-estimer aucun adversaire, mais notre sélectionneur a fait du Mozambique, bien avant le match, un véritable géant. Nous avons cru qu’il voulait simplement mettre en garde ses joueurs et exiger plus de sérieux, mais lorsqu’on a parcouru la liste des joueurs titulaires, on a compris que Coelho s’est fait prendre à son propre jeu et il s’est mis en tête que l’adversaire est une grosse cylindrée. Sinon, comment expliquer cette tactique en 4-3-3 avec pas moins de trois pivots récupérateurs (Ragued, Korbi et Ben Yahia)? Les deux attaquants alignés, Allagui et Ghariani en l’occurrence, ont dû attendre un soutien de Ben Khalfallah pour bénéficier de balles jouables, ou, à un degré moindre, les montées de Mikari qui était le plus en vue samedi dernier.
Pour revenir à cette formation rentrante, nous constatons, malheureusement, que le sélectionneur, de son propre chef ou sous influence, a cherché à jouer un jeu très dangereux. Il donne l’impression de vouloir satisfaire les deux grands clubs de la capitale et s’attirer la sympathie des supporters espérantistes et clubistes qui, normalement, sont majoritaires au stade de Radès. Le choix des joueurs s’est fait en fonction de cette option, car on comprend mal la titularisation de quelques éléments, alors que d’autres, plus rodés et méritants, se sont trouvés sur le banc des remplaçants. Pour s’assurer le soutien du public clubiste, Souissi et Ben Yahia étaient titularisés. Le premier, n’a jamais été à l’aise sur le flanc droit, aussi bien au Club Africain qu’ailleurs, et sa place aurait dû être accordée à un latéral droit de métier d’autant plus que la liste comprenait aussi bien Boussaïdi que le jeune El Ifa. Quant à Wissem Ben Yahia, il a  toujours été transparent et inexistant en E.N. car, à ce niveau, il a souvent manqué de personnalité et on a constaté qu’il n’est jamais parvenu à s’imposer hors de la sphère clubiste. L’autre grosse surprise de ce match face au Mozambique  fut cette titularisation très contestée de Korbi. Ce dernier semble avoir fasciné le sélectionneur au point de le lancer avec les titulaires pour sa première convocation en sélection. Pourquoi Coelho a-t-il opté pour ce choix? Comment peut-on favoriser un “bleu” qui était ignoré lorsqu’il jouait au S.T. et qui, du coup, est devenu une “perle” dès qu’il a endossé le maillot espérantiste?! Coelho a joué le coup du public et la prestation des joueurs sur le terrain a tout remis en question. Sans parler, bien entendu, de ce curieux choix technique avec trois pivots alors qu'un véritable meneur de jeu faisait défaut à l’équipe puisque Belaïd et Derragi assistaient  au match en spectateurs et il a fallu une blessure de Nouioui pour voir le jeune espérantiste prendre sa place et épater tout le monde par le peu de temps qu’il a joué. Pourtant, Coelho a souvent parlé de vitesse de jeu, d’attaque et de jeu en profondeur.
Face au Mozambique, on n’en a rien vu et les “fantaisistes” étaient mis à l’écart. Cette fois-ci, ce petit jeu n’a pas laissé des séquelles, mais ça ne passera plus sans dégâts lorsqu’on se retrouvera face au Nigeria, un adversaire d’un autre niveau qui ne se laissera pas faire de cette façon. Le sélectionneur doit réviser beaucoup de choix et se préserver des exigences du public. Roger Lemerre n’a jamais fait de concessions à ce niveau et il a eu bien raison de le faire. Coelho doit se mettre en tête qu’il est là avant tout, pour mettre en application ses propres conceptions de football offensif et efficace. Il a les moyens de le faire, mais...


Kamel ZAIEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com