Design et mode de Carthage : L’Afrique est dans le vent





«Design et mode de Carthage», le festival consacré à la mode, du 10 au 14 juin, a été lancé hier. Ce soir, à l’Acropolium de Carthage, la place est donnée à l’Afrique qui compte se mettre au goût du jour.
«Lorsque vous rencontrez une femme pour la première fois, si vous vous rappelez comment elle était habillée ; cela veut dire qu’elle portait quelque chose de laid, si, au contraire, vous vous rappelez de la femme cela veut dire qu’elle est bien habillée», disait la reine de l’allure, Coco Chanel. Tout le monde convient que l’habit fait le moine, aujourd’hui. Et que la mode est aussi le reflet d’une époque avec ses valeurs de la tradition et ses manières de penser. Autant alors en discuter, voir de près ce qui en est en matière de mode ces dernières années. C’est chose faite. Puisque c’est le questionnement sur lequel planche «Design et mode de Carthage», la manifestation qui a commencé depuis hier, mercredi 10 juin, et continue jusqu’au 14 du mois, pour ce qui est du volet haute couture.
Ce soir, à l’Acropolium de Carthage, le Camerounais Marcial Tapolo, le Tunisien Salah Barka et le Sénégalais Ndiaga Diaw donneront à voir ce qu’il en est de la griffe africaine dans le design de mode aujourd’hui. Ils concocteront leurs récentes collections d’habillement à la facture un brin ancestrale et au ton nettement contemporain. Mais il ne faut pas se leurrer. Car il ne s’agit pas ici d’exposer des créations de designers portées par des canons de beauté. Mais plutôt d’interpeller le langage artistique de ces créateurs du goût.


Griffe africaine
«Je me trouve souvent en train de dessiner des vêtements qui peuvent paraître bizarres aux gens ! C’est ça mon style. Mais, j’essaye aussi de me rapprocher du basic et du normal pour ne pas trop agresser les gens». Styliste de formation, Salah Barka a commencé sa carrière professionnelle en tant que costumier de cinéma, de théâtre, de spectacle de danse et chorégraphe de mode après avoir suivi ses cours à E.S.M.O.D Tunis. Sa ligne de vêtements actuelle «Tuniversality» se propose de nous emmener dans un voyage à travers l'histoire de la Tunisie. Salah choisit des tons de couleur ocre, couleur qui rappelle le mode de vie berbère, auquel il ajoute quelques touches de couleur jaune et comme on aime acidulées, qui donnent à sa collection une facture moderne. Salah Barka n’oublie pas non plus d’inscrire son œuvre dans le goût du jour en ajoutant quelques détails : fermetures zippées et chemisiers Rock’N’Roll. C’est tendance !
Marcial Tapolo présentera à son tour sa collection vestimentaire. Le designer, dont la corpulence ne passe pas inaperçue dans les back stages, marque son empreinte dans les shows, défilés et festivals divers, à Cannes sur la Croisette, au club Med world et en Italie... Quant au Camerounais Ndiaga Diaw, qui fera défiler sa collection à l’Acropolium de Carthage, il se distingue par son choix des tons flamboyants et des couleurs écarlates. Ndiaga Diaw veut une mode fluide, jeune, libre de ses mouvements, respirant et laissant entendre son goût pour la modernité et son penchant pour les spécificités ethniques africaines, sénégalaises tout particulièrement…
La soirée se clôtura en beauté avec cette fois, une petite escapade à Milan, là où l’on baignera dans les belles nuances de la griffe Valentino, donnant toute sa splendeur au camaïeu de couleur rouge. L’habilleur italien de Jackie Kennedy, des stars d’Hollywood et de la jet-set internationale, qui fait toujours rêver, sera le thème d’un documentaire de fin de soirée. Faste et paillettes à l’heure de la mode italienne… C’est cela la magie du festival.

Mona BEN GAMRA

Glamour et chic… la mode Valentino

Très jeune, Valentino Garavani se passionne pour la mode. Il rejoint Paris et prend des cours à l'Ecole de la chambre syndicale de la couture. En 1956, il débute sa carrière chez Jean Dessès et Guy Laroche. Souhaitant travailler seul, il crée sa propre maison de couture en 1959 à Rome. En 1960, il rencontre Giancarlo Giammetti, un jeune architecte qui deviendra son associé. Sensuelle, élégante et classique, sa première collection est consacrée aux belles nuances - notamment le rouge qui deviendra sa couleur de prédilection - et aux nobles tissus. Glamour et chic, elle est présentée pour la première fois au gotha international de la mode et rencontre rapidement un franc succès. En 1969, Valentino signe sa nouvelle collection entièrement blanche, dédiée à Jackie Kennedy, et lui dessine sa robe en dentelle pour son mariage avec Aristote Onassis. Au même moment, ses premiers vêtements et accessoires avec le légendaire V apparaissent. Sa première boutique ouvre en 1969 à Milan, rapidement suivie de New York, Rome et Tokyo. Il commence par présenter ses collections de prêt-à-porter à Paris en 1975 puis crée un parfum à son nom en 1978. En 1984, il dessine les tenues des athlètes italiens pour les Jeux olympiques. Quant à sa collection de haute couture, bien que finalisée en 1962, elle n'est présentée à Paris qu'en 1989. Sa marque est rachetée en 2002 par le géant du textile italien Marzotto. A la tête d'un empire, Valentino Garavani prend sa retraite en 2008 après quarante-cinq ans de carrière.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com