Le Centenaire du Théâtre : Des zones d’ombre et d’obscurité





Le directeur Mohamed Mediouni sera, le 17 du mois courant, l’invité de la Médiathèque de l’Ariana. L’homme a en tête un festival d’idées à clarifier et il sait déjà de quoi il va vraiment parler.
Un siècle de théâtre en Tunisie, ce n’est pas rien. Il est en tout cas enregistré dans les coulisses de l’histoire culturelle du pays. C’est donc le moment de célébrer l’anniversaire de la créativité scénique comme il se doit, de passer en revue ses divers cycles, ses différentes écoles, ses divergences de tendances et de productions, et de parler de toutes ses épopées. Mais, et surtout, et le moment s’impose, de faire des révisions radicales du secteur et de lui donner un bon lifting nécessaire. De tirer des leçons du passé et de revoir où nous en sommes aujourd’hui.
Sur les tréteaux de nos créateurs actuels se pose une pile de dossiers avec un essaim de trous noirs. Ce sont des questionnements sur le qui fait quoi? Quelle est la place de nos jeunes dans le 4e Arts ? Où va notre théâtre ? Les budgets et …, quels sont les critères du financement des troupes publiques et autres privées, bénéficiaires d’aide du ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine ? Qui sont ceux qui sont, saison impose, programmés aux festivals nationaux ou internationaux ? Le texte dramatique, la mise en scène, les effets de lumières, … ont- ils un rapport avec la réalité ? Quelle est la part de la fiction dans les créations ? Notre théâtre dans l’esprit des Tunisiens, dans la région, dans le monde ?... Et enfin, si on peut se le permettre, les diplômés de l’ISAD (Institut Supérieur d’Arts dramatiques) peuvent-ils un jour accéder à leurs rêves et bousculer enfin les géants (et faux géants) qui accaparent le domaine ? Comment peuvent-ils avoir, eux aussi, le droit d’exister, de donner libre cours à leur imaginaire créatif, esquisser des créations et pouvoir émerger comme leurs aînés ? Auront-ils un jour la chance de leur vie ? Outre cette pluie de problèmes, les créations audiovisuelles figureront aussi dans le débat du jour organisé par le commissariat régional.  
A cette batterie de notes, Mohamed Mediouni, directeur de l’ISAD depuis 2003, répondra donc, avec ou sans détour (et retour), en se référant au passé. En présence d’une foule de créateurs et de passionnés de cet art, il analysera une situation d’ombre obscure, un peu compliquée et claire à la fois. Et il sera, sans un iota de soupçon, le mieux placé pour faire le bilan et proposer une gerbe de ses perspectives. Une idée comme bien d’autres pour une nouvelle mine scénique. Fraîche et tournée vers les nouveaux temps. Et il ne sera pas tout seul. Car, le Dr Kamel Omrane qui possède le verbe et le fil de l’histoire sera à ses côtés. Pour les intéressés, un petit saut à la Médiathèque de la Ville des Roses, vers le coup de 16H30, ne fera que du bien pour se rafraîchir la mémoire, s’aérer l’esprit et mieux voir… les choses du devenir.


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com