Abdessatar Elloumi analyse la finale de la Coupe : “Un S.N. réaliste, une J.S.K. contre nature”





Pour avoir eu à assurer leur managériat, lors de deux finales différentes, Abdessatar Elloumi est l’un des mieux placés pour décortiquer le jeu du S.N. et de la J.S.K.
“Tout au long du Q.T. initial, l’attitude défensive des deux équipes prédominait. Il est vrai que les schémas défensifs étaient nettement perceptibles avec du côté nabeulien un harcèlement asphyxiant des deux organisateurs adverses, Slimène et Laghnej, ainsi qu’une prise à deux sur Malcom, et de la part des Kairouanais un homme-à-homme agressif, avec une mention spéciale pour Bouden qui a bien neutralisé Hadidane. Mais, à voir de plus près, ce sont les deux attaques, notamment kairouanaise, qui manquaient totalement d’inspiration et de percussion. En effet, côté S.N., les deux fautes précoces commises par B. Hadidane, ponctuées par sa mise au repos qui a bémolisé le rendement offensif, et côté J.S.K., le profil défensif de Bouden et Slimène, la déconcentration de départ de Malcom et la méforme totale de Maoua, littéralement hors du coup, ont facilité la tâche de chacune des deux équipes en phase défensive.
A l’entame du second Q.T., l’incorporation de Souheïl Kechrid et Jaouadi, conférera  à l’attaque  kairouanaise davantage de percussion. Par ricochet, Malcom sortira quelque peu des confins de la bouteille pour troquer son rôle de finisseur contre celui de passeur. En outre, l’entrée de Dhouibi a permis de bonifier le rendement offensif et la J.S.K., qui jouait jusqu'ici quelque peu contre nature, au vu de son attitude ultra défensive, se prévaudra de son véritable cachet qui sied le plus à ses potentialités. En défense, la Chabiba change de posture en optant pour une zone 1-2-2 qui gênera énormément les Potiers. Les Aghlabides récupéreront ainsi plusieurs balles converties en contres, avec à la clé une belle réussite, grâce notamment  à Dhouibi et à la finition, Malcom.
Toutefois, et petit à petit, les Potiers trouveront la solution. Collective d’abord, grâce à leur rotation offensive qui s’achève sur M. Hadidane et, en finisseur celui-ci a toujours pris le dessus sur Msakni, à la faveur de sa taille. Individuelle ensuite, par l’entremise de Knioua , très fort dans l’exercice des pénétrations et des assists.
Au début du troisième Q.T., le S.N. aurait pu creuser l’écart, mais il fut pénalisé par le ratage monstre de Seck. La J.S.K en a bien profité et son excellent rendement défensif a eu, cette fois-ci, le redéploiement offensif dont elle est capable, notamment grâce à Kechrid.
Côté S.N., une nouvelle fois, Knioua a pu édulcorer au maximum la fougue des Kairouanais grâce toujours à ses incursions et ses passes décisives, mais aussi à son métier consommé pour briser le rythme et l’élan de ces derniers. Cette troisième période fut, en somme, la meilleure, parce qu’elle a donné à voir les vertus défensives et offensives coutumières des deux équipes. Mais vers la fin de ce  Q.T., la J.S.K. connaîtra une déplorable baisse de régime à cause des impardonnables et regrettables chamailleries entre coéquipiers, Laghnej, Maoua et Dhouibi en particulier. Cette indiscipline sera payée cash à l’entame du dernier Q.T. où nous assistâmes à une véritable débâcle kairouanaise. Nous vîmes le tiraillement du coach kairouanais, tenu de gérer un banc bouillonnant et conjointement le jeu de son équipe. Pourtant, le S.N. était, à ce moment-là, assez prenable et vulnérable, à la lumière des fautes à foison dont ses joueurs pâtissaient (4 joueurs à 4 fautes chacun, dont deux écoperont leur 5ème suspensive). Mais à la faveur de la déroute  des Kairouanais, les Nabeuliens s’envoleront vers une victoire méritée, après notamment le retour sur le parquet de A. Hadidane qui a bien muselé Maoua et réussi beaucoup d’incursions ponctuées par des lancers-francs, ainsi que l’époustouflante fin de match de M. Hadidane qui a joué plus à l’intérieur.
Chez les Kairouanais, Laghnej a pris le match en mains, mais totalement en vain, en référence aux pertes de balles cumulées et au monumental gâchis de Malcom en attaque.
En conclusion, force est d’affirmer que la J.S.K., en focalisant son jeu sur la défense, a perdu sa verve offensive qui fait sa force, jouant ainsi contre nature. Pour preuve,quand elle a retrouvé son cachet entre la fin du premier Q.T et la fin du troisième, elle a dominé les débats. Malheureusement pour elle et ses fans, le comportement inadmissible de certains joueurs-cadres, qui n’ont pensé qu’à leurs intérêts propres, au détriment du club qui a fait d’eux ce qu’ils sont actuellement,est fortement répréhensible. En songeant à leur départ sous d’autres cieux, ils auraient dû s’investir autrement, pour offrir à leurs couleurs génitrices le meilleur cadeau en guise de gratitude. Le S.N., pour sa part, tout en étant le moins mauvais, a été le plus méritant”.


Propos recueillis par Wahid SMAOUI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com