Joseph Haydn à Ennejma Ezzahra : Un génie à la maison





Après «Rendez-vous avec Mozart» en 2005 et «Rencontre avec Beethoven» en 2008 à Ennejma Ezzahra,  c’est le tour de Haydn, l’autre figure légendaire de la musique symphonique. Poétiquement ressuscité.
C’est ici, à Ennejma Ezzahra (Palais du Baron d’Erlanger) qu’on essaie, bon an, mal an, de  sauver ce qui reste à sauver d’une musique dite d’élite et qu’on aime… Un peu, beaucoup, passionnément ou carrément pas du tout. Surtout quand on voit que chez nous, la musique savante n’a plus de place. Qu’elle est, malheureusement, en cours de disparition au profit d’autres registres de mauvaises notes. Mais de plus en plus affectionnée par le grand public. Un public qu’on a voulu bercer sur d’autres rengaines. Un public qui ouvre et ferme les yeux sur un seul son de cloche. Celui d’un mezoued ou autre de ses dérivés, sans goût, passés n’importe où et sans relâche à longueur de journée. Une musique qu’on aime cultiver consciemment (ou inconsciemment) à travers les médias. Qui ne cessent de multiplier, sans merci, les échos et les tapages. Mais ceux qui ont leur petit faible pour la bonne musique, ils ne sont aujourd’hui qu’une poignée noyée dans un environnement qui n’est pas le leur. Ils sont expédiés ailleurs. Dans leur propre univers de sonates, d’opéras, de symphonies…, d’un autre langage musical, noble, romantique, de grande qualité et fort attachant. Ces gens- là trouvent notamment leur petit bonheur dans quelques manifestations éparses au cours de l’année. Comme le festival symphonique d’El Djem ou d’autres rendez-vous estampillés par le vocabulaire de quelques-uns de nos musiciens. Comme les compositeurs, Mohamed Garfi, Ahmed Achour, Naoufel Ben Aïssa, Ouannès Khligène, et on en passe. Ces musiciens sont des poids lourds dans leur domaine et nul ne doute de leur talent. Mais ils brillent par leur absence et ne figurent, que furtivement, à la télé qui a choisi d’autres airs à promouvoir. Dommage ! Sinon, ils attendent un projet quelconque ou une telle soirée de cet art pour s’épanouir… et respirer de l’air libre et pur.
Pour revenir à Sidi Bou Saïd et plus précisément à Ennejma Ezzahra, à la bonne musique, à ses adeptes et ceux qui la gardent jalousement, les gens sensibles à cette sacrée note classique n’ont qu’à saisir l’occasion de ce vendredi 19 juin à partir de 20 heures, pour se faire plaisir et en bonne compagnie s’il vous plaît ! Au programme : en partenariat avec l’ambassade d’Autriche, le directeur du Centre des Musiques arabes et méditerranéennes a prévu tout un éventail artistique pour célébrer le bicentenaire de la disparition de Joseph Haydn. Avec Bassem Makni au piano, Paula Kraft (conceptrice, metteur en scène, présentatrice) sera sur scène. Il s’agit d’une Autrichienne d’origine qui a choisi la Tunisie comme pays d’adoption. La dame, avec son partenaire tunisien, passera en revue les traversées des amours, des bonheurs, des amitiés du génie sans sauter  ses années de gloire et de déclin. C’est tout un récit de vie, de 1732 à 1809 et sans répit. Il y aura du théâtre, des lectures et des musiques qui s’entremêlent à souhait. Le tout sera coupé par des projections sur grand écran. Des documentaires et des images tirées de l’histoire européenne à partir de ce Viennois, l’adulé des Anglais de son époque. Et ce n’est qu’une façon pour revisiter l’homme à travers son œuvre gigantesque. Un clavier de l’œuvre musicale du monde. Demandez le programme.
Z. ABID      
N.B. : Pour réserver et avoir de plus amples renseignements, appelez le 71 740 102 ou le 71 746 051. 


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com