Distinction : «Le projet» de Mohamed Ali Nehdi : L’espoir est toujours permis…





Les rêves et les déceptions de Sami ont valu au jeune réalisateur Mohamed Ali Nehdi le «Faucon d’or» du Festival du Film Arabe de Rotterdam.
La dernière décennie a été marquée par l’émergence d’une nouvelle génération de réalisateurs. Des jeunes passionnés et laborieux qui cherchent à développer un nouveau langage cinématographique. Un cinéma qui coupe avec les clichés et les stéréotypes. Cinéma qui raconte le quotidien sans fard. Anis Lassoued, Karim Souaki, Malik Amara, Bahri Ben Yahmed, Lassaâd Oueslati… et d’autres émergents réalisateurs semblent se battre pour un cinéma libre et libéré des poncifs. Mohamed Ali Nehdi est l’un de ces rêveurs, en quête de nouveaux horizons. Ambitieux, ce réalisateur a cumulé de nombreuses expériences artistiques avant de choisir de passer derrière la caméra pour signer son premier «Projet».
Diplômé en cinéma, il a à son actif une longue expérience à la télé comme au cinéma, au théâtre comme sur les pistes de danse. Ayant collaboré avec Mohamed Zran et Kalthoum Bornaz, Dali, — comme aiment l’appeler ces amis — a su conjuguer ses connaissances académiques, ses observations et ses passions à la réalité du terrain. Et ce n’est pas tout ! Car, il a été aussi le metteur en scène de la fameuse et litigieuse pièce «Fi hak essardouk ennraychou» (C’est ce coq qu’on déplume !).
Comédien de talent dans le film «Noce de lune» de Taieb Louhichi et le feuilleton ramadanesque «Aoudet al miniyar», Mohamed Ali Nahdi a confirmé que son succès est dû à son doigté et non à la célébrité de son père ou de sa mère Souad Mahassen.
Porté par la passion et l’aventure, il a choisi en 2008 de signer son premier-court métrage «Le projet» dont l’avant-première mondiale a eu lieu lors des Journées Cinématographiques 2008. Film qui a beaucoup plu au public pour son audace et l’originalité de son traitement. Pour sa première expérience en tant que réalisateur, Mohamed Ali Nehdi a choisi de nous dévoiler l’autre facette de la société. Facette amère où chômage, délinquance, désespoir, banditisme… et censure sont les mots-clés. C’est l’histoire de Sami, dit «le Pakistanais», jeune chômeur qui se sent perdu… Il passe ses journées à déambuler d’une rue à une autre sans but. Sans avenir et sans espoir. La seule chose qui continue à le passionner est le football, spécialement le Club Africain. Supporter fidèle, il ne rate aucune séance de l’entrainement quotidien. Mais ce n’est pas sa seule occupation. Car en flânant ici et là, il a appris à être un bandit… En filmant les aventures de ce jeune tunisien livré à lui-même, le réalisateur jette la lumière sur le vécu de la jeunesse tunisienne. Maniant humour et sérénité, Mohamed Ali Nehdi a su faire un grand film. Film qu’il a choisi d’achever par une séquence montrant l’un des responsables du département du cinéma au ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine en train d’examiner au peigne fin le projet d’un film, demandant à son réalisateur d’introduire quelques détails pour que le film colle bien à la réalité du pays. Clin d’œil mettant l’accent sur les souffrances de nos réalisateurs pour obtenir les autorisations et les subventions nécessaires pour concrétiser leurs projets artistiques.
Primé juste il y a quelques jours par le «Faucon d’or» du Festival du film arabe de Rotterdam, «Le projet» de Mohamed Ali Nehdi se veut le 1er court-métrage tunisien qui remporte cette distinction de ce grand festival des cinémas arabes. Mais faut-il encore signaler que le couronnement de ce film à Rotterdam est le cinquième, après celui de Tunis (à deux reprises), France et Milan.


I.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com