Centenaire du « Lycée de jeunes filles de Radès Mongil » : Mongil, mon amour





Serré autour d’un rocher sacralisé par l’histoire et le temps, le lycée de jeunes filles Mongil  observe de son œil bienveillant l’ensemble de la ville de Radès... et les générations de lycéennes qui sont passées par là. Depuis cent ans déjà.
 Offert à la postérité, l’ancien palais de Gilles Pelletier se dresse, depuis 1834, sur la colline Mongil, devenu après un établissement scolaire du temps du protectorat, après être passé entre les mains des Italiens. On y accueillait les enfants des français, mais aussi l’élite parmi les Tunisiens qui brillaient dans leurs études. Et c’est seulement depuis 1958 que la Tunisie a tenu les rênes de cet établissement, connu depuis sous l’appellation du « Lycée de jeunes filles de Radès Mongil ». Au lendemain de l’indépendance des silhouettes de femmes ont émergé dans l’histoire de cet établissement, dans une Tunisie indépendante qui prenait entre ses mains son destin et donnait à l’enseignement obligatoire et gratuit toutes ses lettres de noblesses. Saida Bourguiba une ancienne lycéenne se rappelle de l’époque où elle était inscrite dans cet établissement, en 1978 « Côté discipline, on nous menait à la baguette, mais il y avait beaucoup de joie dans nos années de lycée. Notre directrice était Mme Mongia Amira Mabrouk. » Une femme dont le destin a coïncidé avec celui de cet établissement de l’enseignement. Mme Amira Ben Mabrouk, qui est toujours en vie, a du reconstituer toute la paperasse de la direction que les Français ont détruite avant de partir. A l’époque elle était la directrice du lycée Mongil alors que sa sœur Mlle Amira était à la tête de la direction du lycée de la rue du Pacha. Elles étaient les deux premières femmes ayant pratiqué ce métier noble de l’enseignement. Celui de Mongia a commencé pour durer entre1958 et1981. Dans les murs de cet établissement, des générations de jeunes filles d’hier, femmes mondaines d’aujourd’hui, ont pu percer dans divers domaines de la vie. On en cite Salma Baccar, Saida Agrebi, Naima Jéni, Amel Fargi… Parmi les enseignants ayant professé leur savoir pendant de longues années, on peut signaler des noms comme celui de feu Tahar Gharsa qui a enseigné la musique et sa femme Nébiha Gharsa ; Taoufik Baccar, lui, y a enseigné la subtilité de la langue arabe. Idem pour Mme Hayet Basti, femme du ministre de la culture actuel. On n’oublie pas de tirer notre chapeau aux professeurs français qui, après l’indépendance, ont appris à des jeunes filles tunisiennes la langue de Molière, Mme Gérard, Geneviève Kadour, Mme Chebil, etc.  Et puis, cerise sur le gâteau, on ne peut faire l’impasse sur le passage de Mme Faouzia Souihli, prof d’arabe depuis 1974 dans ce lycée, là où elle travaille jusqu’à nos jours. Mme Souihli est la présidente de « l’Association des sympathisants du lycée de jeunes filles de Mongil » depuis 2003. Il faut dire que l’association existe depuis 1974, mais son activité a repris de plus belle seulement depuis 2006. Et puisqu’on y est, on apprend qu’hier l’établissement scolaire a fêté les cent ans de son existence. Mme Souihli nous informe, par la même occasion,  que le « Lycée de jeunes filles de Radès Mongil » a depuis 1995 changé de nom. Il est désormais l’Ecole de l’enseignement de base Abdallah Farhat. Une appellation qui rappelle un peu le parcours d’un ancien combattant dont le nom brillera au firmament de l’histoire de cet établissement et la nôtre aussi. Tout comme les noms illustres d’hommes et de femmes qui ont fait le passé, le présent de ce lycée et qui le sait… l’avenir du pays.


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com