Tourisme : Les Libyens et les Algériens sauveront la haute saison





Le rush attendu des touristes algériens et libyens sur la Tunisie doit largement compenser la baisse des visiteurs européens.
La tendance apparue depuis 2007 se confirme. La Libye est en passe de coiffer au poteau pour la troisième année consécutive la France, qui a été depuis les années 60 le premier réservoir de touristes vers la Tunisie. Au cours des cinq premiers mois de 2009, quelque 810.538 Libyens ont visité la Tunisie contre 692.263 en 2008, soit une hausse de 17,1 %.
Avec 270.402 visiteurs, l’Algérie arrive en troisième position juste derrière la France (480 132 de touristes, -1,6%).
Les prévisions de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) tablent sur une forte croissance des marchés libyen et algérien durant la haute saison. L’objectif est d’accueillir 1,8 million de Libyens et 1,5 million d’Algériens cette année.
C’est dire que les touristes maghrébins devraient constituer une «planche de salut» pour le secteur touristique tunisien en ces temps de crise marqués par une baisse des touristes originaires du Vieux Continent. Entre le 1er janvier et le 31 mai, de forte baisses ont été enregistrées sur les marchés de l’Europe occidentale (-10,5% pour l’Italie et -7,3% pour l’Allemagne) et surtout de l’Europe de l’Est (-44,4 % pour la République Tchèque, -39,3 pour la Slovaquie, -42 % pour la Hongrie, et -48,7% pour la Roumanie).


Des offres résidentielles adaptées
La ruée des Libyens et des Algériens est d’autant plus salvatrice pour le secteur que ces touristes sont réputés très dépensiers. «Une famille algérienne composée de quatre personnes en moyenne dépense entre 2000 et 3000 euros en moyenne par semaine durant son séjour en Tunisie, soit deux fois plus qu’un touriste originaire de l’Europe de l’Est», indique Abdessalem Zermati, directeur des marchés arabe et intérieur à l’ONTT.
Selon les enquêtes menées par l’ONTT, les clients en provenance des marchés de proximité viennent très souvent en famille et préfèrent, pour la plupart résider, dans des villas meublées pieds dans l’eau. La durée moyenne du séjour en hôtel de ces touristes est parmi les plus faibles. Elle a été estimée à 0,8 jour en 2007. D’où l’orientation d’adapter l’offre touristique à ce genre de clientèle, à travers notamment la multiplication des logements destinés à la location et des appart-hôtels.


Développement des voies d’accès
En ce qui concerne les moyens de transport, la majorité des Algériens et des Libyens rejoignent la Tunisie par voie terrestre et sans passer par les agences de voyages. Raison pour laquelle le ministère tunisien du Tourisme a ouvert l’année écoulée un nouveau bureau d’accueil des touristes libyens au poste frontalier de Ras Jédir, par lequel transitent quelque 18 000 personnes par jour.
L’intérêt se porte également sur la multiplication des liaisons aériennes. Plusieurs compagnies régionales comme Sevenair, Al-Buraq Airlines et Nayzak Air ont inauguré récemment des vols réguliers entre la Tunisie et la Libye.
Afin de faciliter davantage l’entrée des touristes algériens, les autorités tunisiennes ont entrepris récemment d’améliorer les points de passage frontaliers de Melloula et Babouche en vue de mettre fin à certains désagréments décriés par la presse algérienne. Elles envisagent aussi de relancer la liaison ferroviaire entre Annaba et Tunis et la route maritime entre le port d’Alger et celui de la Goulette, près de Tunis.


W.K.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com