Festival de Carthage 2009 : Ça repart… fort !





Des moments forts, d’autres… moins forts. Des spectacles de commémoration,  seulement deux pièces de théâtre et une forte présence tunisienne sur la scène punique. Au programme du festival, plus d’espace El Abdellya et  plus de cinéma !
Voilà -en deux lignes- à quoi peut ressembler la 45e édition du doyen de nos festivals d’été. C’est du moins ce qui a été annoncé hier à l’hôtel Africa (devant un parterre de journalistes) par M. Boubaker Ben Frej, nouveau directeur du Festival de Carthage (remplaçant, depuis même pas deux semaines, M. Samir Belhaj Yahia), chef du cabinet du ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et directeur de la Foire internationale du Livre. Le conférencier n’était entouré de personne et a semblé être seul à prendre le train en marche. Dans son allocution inaugurale, M. Ben Frej a notamment expliqué la nouvelle ligne éditoriale de la session -orchestrée à 90% par son prédécesseur-. Au total : 36 spectacles meubleront nos interminables soirées d’été 2009. "14 sont de pur jus tunisien (38%, un chiffre record, jamais atteint depuis 2004) et nous sommes dans la logique d’encourager avant tout nos créateurs et que les nôtres se frottent aux artistes d’ailleurs. Deux maghrébins (8%), 8 arabes (22%) et 12  autres spectacles étrangers (32%). Quant au prix des billets de Carthage 2009, nous avons considéré le pouvoir d’achat du citoyen moyen et on n’a pas changé d’un iota la fourchette des prix des sessions précédentes. Malgré le coût fort de ces spectacles d’ici et d’ailleurs, nous avons fixé un prix conséquent à seulement deux spectacles distingués. C’est aussi pour la première fois que le comité du festival pense au DJ. Car ce genre musical est une nouvelle expression qui intéresse une frange importante de nos jeunes et il ne fallait surtout pas ne pas y penser…", a dit en guise de conclusion M. Ben Frej, qui a promis que : "Cette année, nous allons vraiment mettre le paquet pour tout ce qui est communication. Outre les couvertures quotidiennes de nos spectacles par les journalistes de la place (qui auront, chaque soir, à leur disposition un moyen de transport), un bureau de presse fera la coordination et répondra à toutes les demandes, un site web est déjà prêt et vous n’avez qu’à cliquer tout de suite et vous allez trouver toutes les données nécessaires sur le festival de l’année. Les pages électroniques seront à jour grâce à un groupe de professionnels et des affiches seront partout placardées. Pour la question du palais El Abdellya : après mûre réflexion, nous avons remarqué que ça ne volait pas assez haut et que rarement cet espace de la Marsa a fait le plein", a répondu le directeur de l’actuelle session à des journalistes, restés bouche bée devant l’annulation du programme cinématographique et devant le manque cruel d’un menu culturel. Comme la poésie, où le peu de théâtre dans un amphithéâtre… Ils ont même tiqué sur l’autre manque d’arts populaires surtout que d’après le conférencier, "nous essayons de répondre à tous les goûts, à toutes les attentes, à tous les publics…". Une batterie de questions a été à l’ordre du jour. Quant aux réponses, convaincantes ou pas, cela est une autre paire de manches et de manchettes de ce festival 

Z. ABID

Les têtes d’affiche

Il y a tout d’abord le bal inaugural avec Assabah Al Jadid, spectacle musical créé en commémoration du centenaire de la naissance de Chebbi, scénario de Mohsen Ben Nfissa, musique de Rachid Yeddes et mise en scène de Hatem Derbel. Pour ce, pas moins de 100 artistes défileront à plaisir pour passer en revue la vie du poète de Tozeur. Quant à la clôture, c’est au tour de Riadh Fehri qui déroulera, avec l’Américain Pedro Eustache et leurs quelque 50 artistes d’ici et de l’Orchestre symphonique de Vienne, son Tapis Rouge (nom du spectacle). Il s’agit d’un hymne à la world music bien à la façon du musicien de Sidi Bou Saïd. Entre-temps un tout petit parfum de théâtre. La tribu de Saâdoun 28 et celle de Taoufik Jebali dans un Spécial Douâgi, feront un petit tour et s’en iront… D’autres spectacles posthumes seront au rendez- vous. Comme celui de Jouini… A l’affiche, d’autres noms qui vont et qui reviennent presque à chaque session à la ville de Didon. Ils sont de la scène nationale ou internationale. Nous pensons ici à Saber Rebaï, Lotfi Bouchnaq, Sofia Sadok, Amina Srarfi, Leïla Hjaïej, Mohamed Garfi, Zied Gharsa, Amina Fakhet, Ghazi Ayadi, Naoual Ghachem,… Marcel Khalifa, Warda al Jazairia, Cheb Khaled, Melhem Barakat, Iheb Taoufik, Amrou Dhiab, Assi Hellani, Melhem Zine, Majed al Mouhandess, Fella Ababsa… D’autres viendront du Pakistan, de la Corée du Sud, d’Italie, des USA, du Mali, du Bénin, de Hongrie, de l’Inde… Mais pas de présence marocaine. Dommage ! Le must, on le voit sur la note de presse, c’est Charles Aznavour- en tournée mondiale- qui fera le 21 juillet prochain une escale royale à Carthage. L’homme est grandement attendu en Tunisie. Patricia Kaas, qui a fait un tabac sur la même scène, il y a trois sessions, reviendra avec son Kabaret (sa dernière création) et fera plaisir à tous ses fans. Pour le reste des spectacles, demandez le programme ou cliquez sur :
f.i.carthage@festival-carthage.com.tn et Bon Festival !

Une minute de silence

Au moment où le directeur du 45e festival donnait la rituelle conférence de presse, les gens de la culture et à leur tête, le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, ont brillé par leur absence. Et pour cause. C’était le moment de l’inhumation du regretté, Mohamed Salah Jabri, homme de belles lettres et figure emblématique de la scène culturelle qui nous a quittés avant-hier. Nos condoléances à la famille artistique et culturelle !  


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com