Mon été à moi : Hamadi Mezzi : 40° à l’ombre et une onde de fraîcheur





«Le Quotidien» a eu un brin de causerie avec l’actuel directeur de la Maison de Culture Ibn Rachiq, homme de théâtre et patron de la compagnie Sindabad. Son été à lui est au goût de la mer, de la terre et bien trempé d’esprit.
Après avoir passé une dizaine d’années à l’espace culturel Bir Lahjar dans la Médina, le voilà de retour depuis le 1er décembre 2008 au Centre culturel Ibn Rachiq qu’il a déjà dirigé auparavant. Les murs de la maison portent encore dans leurs entrailles, les souvenirs des années culturelles de 1992 à 1997. Sous ses petites lunettes de vue, l’homme nous a paru aux anges. Il est fier tout d’abord des 20 ans de la création de son Sindabad. "Nous avons organisé un spécial de trois volets. Sous la houlette du ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, nous avons exposé au hall de l’espace, un documentaire en photos qui passe en revue les 16 œuvres de notre compagnie. Sur grand écran, nous avons projeté "Vingt ans en 20mn", un film qui dit tout sur la vadrouille de Sindabad  et on a clôturé l’anniversaire avec "Droit de Réponse", un ton de théâtre corsé", raconte t-il avec un petit sourire. Et c’était le musc d’un soir en avril dernier. Mais la saison de ce vieux routier était pleine à craquer. Pas moins de 7 moments forts, sans compter les manifestations rituelles dans sa maison de location. "J’ai voulu créer des événements pour drainer plus la foule et redonner vie à cet espace qui m’est cher", ajoute l’enfant de Mateur qui, à 59 ans, aime être matinal à son bureau pour ne le quitter que le dernier. "Sauf le dimanche", insiste Si Hamadi. Car pour lui, il s’agit de son jour sacré et rien au monde ne peut l’éloigner des siens et de ses habitudes familiales. D’ailleurs entre deux phrases, l’ombre de son épouse remonte en surface.


Vie intime, vie privée et à fond la forme !
"Faouzia fait ça, Faouzia pense cela, Faouzia est une intellectuelle avertie, mais aussi une vraie maîtresse de maison. Elle nous gâte avec sa cuisine à la fois de terroir, diététique et du fait maison. La ôula de l’année est toujours dans le grenier. Pour les sorbets, c’est un autre parfum, un autre goût. D’ailleurs sur les croquis que j’ai esquissés, Faouzia a brodé de ses propres mains de fée la parure de notre lit de noces !...", se souvient le mari heureux. Sur ce,   impossible de pouvoir l’arrêter et placer avec lui un seul mot. Car sa vie tourne à la cinquième vitesse autour de trois décennies de bonheur avec sa douce moitié, une journaliste de renom. C’est son effigie et son grigri d’amour. Hamadi, père de Yassine (que Dieu le garde !), et de feue Khaoula, morte à la fleur de l’âge en 2000, a aussi une autre compagne (pardon pour cette prise en flagrant délit !). C’est sa Nina. Son autre adulée avec qui, il sort prendre de l’air au quotidien dans un quartier de la Manouba où il habite. C’est avec cette chienne de race pure (berger allemand) que notre homme de théâtre fait de la marche. L’homme aime aussi jardiner, bricoler et nager librement dans les mers du Nord du pays. Il se bronze la peau dans pas moins d’une vingtaine de plages entre Tabarka et Sidi Ali El Mekki, en passant par Chott Mami et autres rivages, là où l’environnement est encore à l’état vierge. "Sans que je n’oublie mes pièces en tournée cet été 2009, je vais sélectionner quelques soirées à Hammamet, à Carthage et parfois à El Djem, mais pas au point de me gaver. Ah me gaver, c’est avec autre chose. A part les plats de poissons au four et sans frites, je profite pour lire. Et c’est une autre lecture orientée. Je suis la trace du Roi Lear de Shakespeare que j’aime monter sur scène. Ce n’est qu’un rêve. Quant au roman, c’est le Tunisien Hassan Ben Othman qui m’accroche par ses écrits fondés sur l’élégance du mot et de l’idée. Pour les autres, ce sont Jabrane et Guitani (le disciple de Mahfoudh) qui m’impressionnent le plus. Mais dans le théâtre,  je rends un hommage posthume à notre Ali Ben Ayed, l’éternel. C’est lui qui a fondé le théâtre professionnel et auréolé la tête des comédiens de lauriers et d’une gerbe de lumières. Quant au registre de la musique, je suis un fan de toutes les musiques", raconte ce mordu de jazz sur une note enthousiaste. Et d’ajouter que les expériences d’Anouar Brahem, d’Ali Louati, de Nabiha Karaouli, de Bouchnaq… sont d’une grande teneur artistique. Pour lui, c’est ça la parole, c’est ça l’interprétation, c’est ça la composition et c’est ça qu’il va écouter pendant ses vacances. Bon été, monsieur ! 


* Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com