Exposition : Sur les traces de Didon…





Elle est une femme de couleurs. Hetty Van Der Linden, artiste néerlandaise, dont le destin s’est croisé avec celui des enfants du monde. Son ultime objectif est de peindre l’avenir !
Sur les cimaises de l’espace d’art "Sophonisbe", elle a choisi de partager avec les passionnés des couleurs quelques fragments de son dialogue avec les enfants. Enfants qui ont guidé son pinceau loin des sentiers battus. Depuis des dizaines d’années, Hetty Van Der Linden s’est orientée vers le royaume des enfants à la recherche d’une idée qui échappe au consumé et au consommé. Consciente du fait que les enfants trouvent tout d’un rien, elle a demandé aux bambins issus des quartiers défavorisés de peindre leurs rêves. De quoi un enfant peut-il rêver ? Telle a été la question qui a guidé l’artiste dans cette aventure artistique. "Peindre l’avenir" tel est l’intitulé de ce projet ambitieux qui l’a menée loin, vers d’autres terres.
Du Brésil à l’Argentine, de la Bosnie à la Croatie, d’Amsterdam à la Tunisie…, elle a erré. Armée de ses tubes de gouache, elle a voulu être à l’écoute des enfants pour pouvoir tisser sa propre histoire. Des histoires qui ressemblent aux contes des fées. Suivez bien ce conte merveilleux avec Andreas. Souffrant d’une maladie cardiologique, ce petit gamin argentin n’avait qu’un seul rêve : avoir un bocal à poissons et plus tard quand il guérit, il a souhaité les voir dans la mer. Et l’artiste néerlandaise a été là comme une fée avec sa baguette magique plutôt avec son pinceau magique pour exaucer le rêve de cet enfant.


Vivre d’amour et de rêve
 Elle a vendu son œuvre, acheté le bocal et même plus. Hetty Van Der Linden a pu trouver un spécialiste pour l’opérer. Après la guérison, Andreas a pu aller à la mer, libérer ses poissons et voir son rêve devenir réalité. Avec chaque voyage, même un petit déplacement, l’artiste cumule les expériences humaines. En Tunisie, l’aventure semble avoir un autre goût !
Sur les cimaises de "Sophonisbe", l’artiste a choisi de raconter sa propre histoire avec Carthage. "Quand l’ambassade des Pays-Bas m’a contactée et m’a proposé d’organiser cette exposition, j’ai pensé qu’il faut que je présente de nouvelles histoires. Et c’est avec Henry Purcell et son célèbre opéra que mon aventure a commencé", nous a expliqué l’artiste qui débarque pour la 2e fois en Tunisie. Guidée par cet opéra baroque, composé de trois actes, Hetty Van Der Linden a raconté l’histoire de Didon et Enée à sa façon. Toujours en se reposant sur des projets de toiles signés par les bambins, l’artiste a peint la vie. Suivant la trame de l’histoire, l’artiste néerlandaise a présenté cet amour fougueux qui se clôt par la mort de Didon après le départ de son bien-aimé Enée.
Sensible à cette histoire, l’artiste peintre a raconté en détail et grâce à 16 œuvres le récit de ces deux cœurs brûlés. Récit triste qui a commencé par la fuite de Didon pour finir avec son suicide. "When I’m laid", un tableau qui clôture l’histoire et où Didon demande à Belinda sa confidente de se souvenir d’elle.  Une légende qui raconte la naissance de Carthage et où on peut lire dans les textes traduits accompagnant les toiles, le nom de la colline de Byrsa. 
En faisant le tour de l’exposition, le visiteur peut également découvrir une autre sélection d’œuvres où l’artiste nous parle d’Hannibal, de Sidi Bou Saïd, Tozeur… Des toiles racontant d’autres aventures sous d’autres cieux sont également à découvrir.
Un grand voyage en Tunisie que l’artiste a choisi de le clôturer par une journée à la Marsa où elle a peint avec les enfants orphelins dont le rêve est d’avoir une famille. Et pour Hetty Van Der Linden, cela suffit pour hisser les voiles et partir vers une nouvelle aventure.


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com