Festival international de Hammamet (7 juillet – 18 août) : La bonne quarantaine bien… sur des tréteaux





A deux semaines du coup d’envoi de l’édition 2009, M. Lassaâd Ben Abdallah, locataire du Centre culturel hammametois, a reçu, avant-hier en fin d’après midi, les journalistes de la presse écrite et audiovisuelle, avec un parfum de son programme.
A cette occasion, le directeur des lieux et homme de théâtre n’était pas tout seul. A part Zohra Lajnef et Riadh Fehri du domaine de la musique, il était entouré des siens. Bien entouré même. Et il y a de quoi. Si le théâtre a (presque) brillé par son absence à l’amphithéâtre de Carthage 2009, c’est chez lui que cet art est bien mis au devant de la scène. Le bouquet de l’année, on le sait maintenant, fleure bon les pièces de théâtre de tous genres et de toutes provenances. Dans son allocution inaugurale ainsi que dans ses réponses rituelles aux questions des journalistes, M. Lassaâd Ben Abdallah a essayé d’être bref. Convaincant ou pas, les interrogations fondées ou un peu gênantes, ceci est un autre problème... Mais, dans l’ensemble de son intervention, il a défendu haut et fort son point de vue sur le théâtre qui «doit rayonner comme il se doit dans son propre fief et… vivier. C’est la tradition. La bonne depuis l’ouverture de ce festival en 1964…», a-t-il insisté après avoir fait un tour furtif sur les grands moments. Et c’est pour cette raison-là que l’homme a mis l’accent (et le paquet) pour que le théâtre de poche puisse garder intacte sa première spécificité (et fabrique de marque), tout en continuant à s’ouvrir sur les musiques du monde. Pour sa deuxième édition- depuis qu’il est à la tête de ce centre-, le conférencier s’est clairement appuyé sur les actes et tableaux du théâtre pour une ligne éditoriale définitive et précise.


Lassaâd et les autres font leur théâtre
Du 7 au 16 juillet, les amoureux de la scène «se payeront» tous leurs plaisirs avec une belle palette d’ici et d’ailleurs. La priorité est accordée aux créateurs tunisiens. Ces derniers présenteront avec fierté leurs avant-premières chez leur collègue bien-aimé. Les autres du domaine viendront du Maroc, de Syrie, du Congo Brazza, du Danemark, des USA et de France. Tous se produiront  avec de l’exclusif pour Hammamet. Quant à l’ouverture, elle a été confiée à El Teatro et c’est Taoufik Jebali qui se «trimballera» sur scène à volonté.
Avec son «Manifestou Essourour» (une idée «fixe et bien boulonnée») du duo Madani et Farhat, coproduite par El Teatro Studio et le centre culturel de Hammamet, ce monstre sacré de la scène ne sera pas tout seul.. Grâce à une armada de ses élèves (plus d’une centaine de jeunes et moins jeunes), il  mettra  en lumière «une œuvre littéraire riche et fondatrice, à l’occasion du centenaire de Ali Douâgi, l’autre nouvelliste et homme de théâtre», d’après Zeineb Farhat, la gérante d’El Teatro. La même création aura sa place plus tard à l’espace de Jebali  et un peu avant à Carthage. Pour  fermer les rideaux, on a opté pour une autre facette d’humour avec un petit «Stand up satirique et comique !» aux origines métissées et bien croisées entre la France et le Congo Brazza. Entre temps, les amoureux du théâtre auront droit aussi à des tableaux divers de théâtre dansant ou stylisé.
A ne pas oublier, la table ronde qui sera animée par l’Américain Ralph Heyndels (il était présent à la conférence) sur «Jean Genet, engagement, désir et théâtralité». 
Comme son faux jumeau (le festival de Carthage), celui de Hammamet a tourné le dos au grand écran. Faute de moyens, le cinéma sera mis «en quarantaine». L’écran sera tout noir et pas de nuits blanches pour nos cinéphiles. Ils n’auront pas leur bonne dose dans les festivals de cette année. Dommage ! Ils n’ont qu’à se faire à cette donne et- s’ils n’ont pas la tête au théâtre-, ils se consoleront avec quelques notes de musique. C’est toujours mieux que rien. Pourvu qu’il y en ait un bon bouquet. C’est en tout cas, ce que promet le gérant de Dar Sébastien. Demandez le programme et bon été à tous et à toutes !


Un brin de musique au pays du jasmin
Pour tous les goûts, un éventail polyphonique et le musc de danse en sus. Sans oublier, en surfont sur un été 2009 bien garni et les surprises de ses trois soirées «Festival Off».
Des stars nationales et internationales venant de tous les continents seront sous les projecteurs, une gerbe d’hommages aux grands de ce monde sera le souvenir d’une saison et on se lève tous pour Dérouiche, Makeba, Brel, etc… Le programme du 17 juillet au 18 août sera «riche et varié». Du pop au roc en passant par le  tarab, le jazz et sans sauter une salsa bien piquante. L’ouverture sera de bonne compagnie avec Riadh Fehri, sa formation aux couleurs du monde et son world music contemporain. Il s’agit d’un  spécial Hammamet et pas de redondance dans les airs. Car son programme n’a rien à voir avec ce que le luthiste de Sidi Bou propose pour son autre grand soir à la clôture de Carthage. L’homme qui était à l’écoute de toutes les critiques, a promis des surprises dans son clavier. Croustillant, Inchallah ! Le meilleur est pour la fin du peloton: Lotfi Bouchnak, mais là attention ! Rien ne peut filtrer pour le moment et son programme reste inconnu jusqu’au dernier jour du festival. Patience, messieurs dames ! «Mais c’est inconcevable ! Je n’oserai jamais demander à Bouchnak, le grand, ce qu’il nous prépare !», a lancé M. Ben Abdallah. A-t-il vraiment froissé les autres grands artistes à ses côtés ? Ceci est son problème qu’il gérera certainement plus tard avec ses invités du jour, eux aussi des grands. Et sur presque ce même ton, l’homme n’a pas très bien digéré le commentaire de quelques présents sur la facture artistique de X et de Y qui sont encore à leur début. Qui sont-ils ? Sur quels critères, le directeur s’est-il reposé ? Que vont-ils offrir au bon et fidèle public ? Un arsenal de questions qui exige des réponses… Mais… passons pour l’autre question essentielle, celle du  budget. Sans tomber dans la précision au dinar près, le directeur de la session a répondu que dans ses caisses, il y a la bagatelle de 30% de plus que l’an dernier. Aux journalistes de faire donc les comptes et les décomptes ! Pour ce programme lourd quand même à porter, l’homme n’a au total que dans les 360 mille dinars et il n’a qu’à bien serrer la ceinture de quelques crans. Bon courage, monsieur ! Pour les billets, M. Ben Abdallah assure (et rassure) et il n’a aucun choix. Sauf qu’«il n’y aura pas d’augmentation». Sur ce, il a parfaitement raison. Concurrence oblige, et ses voisins aux boîtes de nuit qui pullulent dans cette ville balnéaire, offrent des grands spectacles et ils ont tous les moyens pour changer la destination des visiteurs. Les affiches remplissent déjà la ville et dès l’entrée. C’est tout à fait naturel que M. Ben Abdallah aime piocher un autre jeton de hasard et compte sur d’autres tours, en ces temps de crise. A chacun, bien évidemment, ses moyens et pour voir mieux, demandez le programme et bon été à tous et à toutes !


Zohra ABID




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com