Trottoirs à Tunis : A usages multiples !

Des piétons sans trottoirs ? Des trottoirs sans piétons. Un véritable paradoxe et un casse-tête chinois pour les nombreux piétons du Grand Tunis. Etat des lieux !
Des terrasses de certains restaurants, cafés et bistrots qui s’étalent jusqu’à la chaussée. Des voitures stationnées impunément sur les trottoirs. Des boutiques et des échoppes qui ont choisi de squatter ces voies piétonnes pour les convertir en dépôts provisoires de leurs marchandises. Des matériaux de construction qui bloquent la circulation des piétons. Des travaux de balayage à sec devant les locaux et lavage des façades et des trottoirs entrepris par quelques commerçants en dehors des heures fixées par la municipalité. Dans quelques rues et artères principales de la capitale, quelques trottoirs ne semblent pas bien remplir la fonction pour laquelle ils sont prévus. L’été semble être la saison de tous les abus, par excellence ! Et à chaque «envahisseur», ses propres motifs. Bien que la législation soit très stricte en ce qui concerne l’occupation du domaine public, certains commerçants - par ignorance ou par indifférence- continuent à investir des espaces strictement réservés aux piétons.
Alors face à ces trottoirs bloqués, occupés par des consommateurs qui prennent un plaisir malin à contempler les passagers, nos concitoyens sont obligés à se faufiler entre les chaises et les tables. Pire encore, pour passer sans gêne, certains piétons prennent des risques, usant de la chaussée, endurant les injures des automobilistes. «Nous «occupons» les trottoirs selon un contrat signé avec la municipalité. Il y a toute une réglementation à respecter», nous a confié fermement un cafetier dont le commerce est situé à quelques pas de l’Avenue Habib Bourguiba. Les restaurants ne se sont pas restés loin de la scène. Au contraire, ils ont choisi d’occuper le devant de la scène, plaçant leurs rôtissoires sur les trottoirs, invitant les passagers à consommer.

Des trottoirs … passe-partout
A chacun sa façon pour conquérir l’espace et l’utiliser à des fins personnelles. Pour certains vendeurs, les trottoirs peuvent remplacer provisoirement les dépôts ou servir d’espace d’exposition de marchandises. Jeune diplômée d’un centre de formation professionnelle, Soumeya A. nous a avoué qu’elle trouve d’énormes problèmes pour circuler dans la ville. «Flâner dans la ville n’est jamais une mince affaire. Cela exige beaucoup de concentration. Il faut faire attention pour savoir où mettre les pieds et éviter ce qui peut vous tomber sur la tête», nous a confié la jeune demoiselle. Devrons-nous alors chausser des brodequins et porter des casques pour nous protéger contre tous dangers ? De quel droit les autorités concernées se permettent de priver les piétons d’un droit absolu ? Pour pouvoir circuler, devrons-nous être de bons athlètes ? Avoir le talent d’un gymnaste ou la passion d’une danseuse étoile dans un ballet classique pour faire un pas de deux ? Swinguer, valser, sauter… des connaissances qui vous seront très utiles en passant sur quelques trottoirs.
Ce qui est sûr, c’est que les contrevenants aux règlements sont multiples. Car outre ces terrasses qui grignotent les trottoirs et ces commerçants qui font la sourde oreille, d’autres dépassements sont à relever. Ainsi, on peut remarquer que certains restaurateurs, femmes au foyer, télé- vendeurs et autres entament leurs travaux de balayage à sec devant les locaux, lavage des façades et des trottoirs en dehors des heures fixées par la municipalité. Idem pour le battage de linge et de tapis sur les voies publiques. Faut-il encore parler des tuyaux d’évacuation des eaux des climatiseurs qui ne respectent pas les normes et dont les gouttes finissent sur les têtes des passants ? L’aventure du Tunisien sur le trottoir ne semble pas finir. Des hauts et des bas, il y en a. Une impressionnante création chorégraphique contemporaine à suivre au fil des saisons !

Imen ABDERRAHMANI

Une lettre à M. le maire

Pour en savoir plus sur les mesures adoptées par la mairie de Tunis pour contrôler les trottoirs et faire face aux dépassements, nous avons contacté le bureau de presse de la mairie.
Il nous a été demandé d’adresser une lettre officielle au nom de M. Le Maire et d’attendre la réponse, en l’absence d’un attaché de presse.

Rue de Marseille… Piétons à vos libertés !

Piétonne depuis décembre 2004, la rue de Marseille est une rue modèle. Rue adjacente de l’Avenue Habib Bourguiba, cette artère offre généreusement ses trottoirs et sa chaussée aux piétons qui peuvent circuler en toute liberté et sans gêne. Suite à son relookage, cette rue piétonne a abrité de nombreuses manifestations et a servi comme espace d’exposition de divers produits d’artisanat. Des expositions qui ont marqué la célébration de certains événements tels que le mois du patrimoine ou la fête des mères, mettant des notes gaies sur cette rue. Pour les commerçants, rien n’est inquiétant. Leurs commerces sont encore florissants surtout après les travaux d’embellissement et d’éclairage. 

Côté cour… Côté législation

Selon le décret du 11 février 1930 et l’arrêté du ministre de l’Intérieur en date du 10 avril 1999, les contrevenants aux règlements sanitaires sont répartis en 3 grandes catégories. Pour la 1e catégorie qui définit 19 types de contrevenants, le montant de l’amende est fixé à 10 DT.  Pour les contrevenants de la 2e catégorie (21 types), le montant de l’amende est fixé à 30 DT.
Quant à la 3e catégorie des contrevenants (7 types), le montant de l’amende est égal à 50 DT.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com