«Droit de Réponse» : Ou faites entrer l’accusé !





Sur scène, trois hommes et deux femmes très agités. Un ouragan d’inculpations et un tsunami de vengeances. Pour finir, sans regret, avec des morts sur le dos d’une conscience avortée.
Pas trop d’effets lumineux. Un décor très peu chargé. Une scène presque nue. Quant à la toile, elle sent un mauvais fond et l’odeur de la revanche et de la mort a commencé à rôder dès le premier acte. Mais le mot, à la fois léger, profond et baignant dans un océan d’humour, renvoie les choses autrement. L’expression du geste aussi. C’est ainsi que le tableau sinistre de la pièce est apaisé et le public a été bien accroché, une heure durant, par la Première de «Droit de Réponse», texte et scénario de Hamadi Mezzi au programme de Dar al Masrahi du Bardo, qui organise du 26 juin au 16 juillet des Journées de Théâtre.
L’Avant-Première a été donnée en présence du ministre de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, le 17 avril dernier à la Maison de Culture Ibn Rachiq. C’était à l’occasion des vingt ans de la création de la compagnie Sindabad.
Que raconte la pièce ? L’écume de plusieurs vies à la fois et la scène s’ouvre chaudement sur un noir coupé d’un bruit strident venant de la télévision des voisins. L’aboiement du chien de la maison annonce une chose inhabituelle. La maîtresse des lieux, sortant de son bain, encore enveloppée de son peignoir blanc est prise par l’angoisse de voir le courant électrique coupé chez elle et pas ailleurs. Méjida (qui veut dire la gloire) hèle sa fille Istabrak (qui promet la baraka). Aucune réponse. Sa petite se déhanche encore dans son monde de musique et de danse. Subitement, un homme cagoulé surgit dans le sombre. Et par là, une vieille histoire renaît de toutes les cendres. La braise reprend feu. Entre Metwakel qui s’est démasqué, son frère, un peu débile et qui, pour quelques cacahuètes, vend au diable son âme, sa foi et sa raison et Méjida, un lien : l’énigme de la soirée, des récits de mille et une vies croisées. Des passés qui ligotent toutes les parties. Après avoir perdu le legs parental vendu aux enchères et un lot de ses rêves, Metwakel s’est permis de fouiner dans le passé de la dame. Il est donc revenu lui faire son procès. Il ne veut ni la violer, ni lui soustraire son argent, mais beaucoup plus. C’est plus impitoyable. C’est, en fait, pour la dénoncer à sa fille d’un autre mariage, d’un énième mariage. La vérité — sur Bouzougar, son mari actuel et adoré — s’est étalée en plein jour. Ce dernier, saoulard, fougueux et homme à femmes, a fini par être mis à nu et tomber sous les balles d’Istabrak. Mademoiselle qui aime chanter et séduire (sur une pièce noire) par la danse de son corps, a pris au final sa revanche de tout le monde. Le sang a de partout giclé et la fin tragique a eu lieu. Comme un fait «divers» (en plein été) !  


Z.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com