Ali Douagi, ce soir, au Festival de Hammamet : De «Bilad Tararanni» à Hammamet





Du côté de l’historique Dar Sébastien, ses jardins luxurieux et le théâtre romain qui lui est adjacent, le Festival international de Hammamet démarre ce soir. Avec pour la soirée d’ouverture un spectacle de Taoufik Jebali.
Ce soir à l’ouverture du Festival international de Hammamet, on a décidé de sortir Ali Douagi des étagères de l’oubli, de son fameux «Bilad Tararanni». Notre Douagi national va retrouver les matins clairs et ensoleillés de Hammamet  et les lueurs étincelantes de sa prestigieuse scène.  Il y sera parmi les siens, les gens du peuple parmi le public qui l’aiment bien, tout comme ses écrits, son trait plaisant et sa saillie d’esprit. Taoufik Jebali parait-il en est un. Il le dit, d’ailleurs, et le prouve en produisant ce spectacle sur l’œuvre de ce grand artiste, hors du commun et non ‘’Fannan El Ghalba’’, un sobriquet qu’il s’est inventé et qui lui a collé comme une seconde peau. ‘’Manifestou Essourour’’ est le titre du spectacle de la soirée du 7 juillet. Jebali y met le paquet. Car parait-il, après avoir appréhendé le personnage qu’était Douagi, Jéebali a décidé de le sortir de l’incompréhension. Surtout qu’il a relevé quelques traits communs entre sa personnalité artistique et la sienne. «Mais je ne suis pas Fannan El Ghalba. Et je veux montrer que Douagi ne l’est pas non plus», signale Taoufik Jebali qui ajoute «Affubler  Ali Douagi du titre de  «l’Artiste  de l’infortune» m’indispose profondément - car, de tous ses titres et écrits brillants, n’est mise en avant  que cette étiquette  vétuste qui humilie l’Artiste et le fige dans cet état de nécessiteux, quémandant  pitié et assistance ! »
Pour Raja Farhat qui écrit avec Taoufik Jebali la dramaturgie, monter Douagi en scène est une manière de réinventer un écrit classique.  «…C’est ainsi que Mozart,  Verdi, Goldoni, Molière ou Shakespeare qui sont restés de grands contemporains, ont été réinventés par des artistes  aussi réputés que  Brecht, Brook, Dario Fo, Strehler ou Alex Rigola de Barcelone. Loin des hommages artificiels et superficiels, c’est l’exigence  constante qu’il faudrait imposer   à la relation vive avec nos classiques», avance-t-il.
Revisiter Douagi, c’est aussi présenter un abrégé social de la Tunisie des années 30 que l’écrivain accompli qu’il était a pu traduire sans faux fuyants. Douagi - «c’est aussi 300 pièces de théâtre, 150 nouvelles et 150 chansons», ajoute Jebali qui trouve en Douagi un artiste accompli. Un élément important à relever dans la foulée, ce spectacle qui sera campé par 150 artistes, élèves du studio El Teatro,  sera un raccourci de toute l’œuvre de Douagi et non pas de l’artiste lui-même. «Il ne sera pas un personnage principal dans ce spectacle. C’est plutôt son œuvre qui prendra le devant de la scène», explique Jebali. On renouera ainsi avec quelques titres de chansons dont il était l’auteur et avec ses boutades humoristiques notamment celles parues dans son journal «Essourour» qu’il a fondé avec un collectif d’intellectuels dans les années 30.
«Manifestou Essourour», le spectacle, vient à point nommé pour marquer, par ailleurs,  le centenaire d’Ali Douagi que nous célébrons cette année. On aura rendu hommage, ainsi, à l’artiste, nouvelliste, journaliste, homme de théâtre et caricaturiste qu’il était. Le spectacle, à priori de qualité, sera un coup d’envoi marquant de cette 45e session du festival international de Hammamet qui continuera jusqu’au 18 août. Mais ce n’est pas tout. Car Hammamet, la ville vive, secrète, vibrante et toute de vie nous réserve bien d’autres têtes d’affiche pour le restant de la programmation.


Mona BEN GAMRA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com