Sur la scène de Mad’Art : Des chamans à la maison





En partenariat avec le 45e Festival de Hammamet, Mad’Art de Carthage fera son théâtre et accueillera, le 8 juillet, la tribu de l’Odin Teatret.
Pour ce programme d’une seule journée, il faut vraiment se lever tôt pour ne rien rater. Car, on démarre dès 10 heures pour saluer «Drapeau et Bâton», une démonstration de (et avec) Tage Larsen, l’enfant de Randers (Danemark). Un monstre sacré de la scène. C’est lui qui a conçu et dirigé le spectacle de Holstebro. Il fera son numéro pendant seulement 30 minutes avant de céder la scène à la londonienne Julia Varley. Madame racontera avec beaucoup de bruits son «Echo du silence». Ici, la voix de l’acteur et le texte constituent la musique du spectacle. Une autre musique qui, comme le théâtre, se moque royalement des codes et des codeurs. C’est un genre à part, libre et libéré, ne reposant sur aucune contrainte. Julia Varley fera résonner ses idées révolutionnaires, contemporaines et surtout visionnaires. Une manière nouvelle et renouvelée qu’on croise avec bonheur à travers ses écrits. Ses ouvrages et articles dans des revues spécialisées en disent long sur sa ligne. C’est le style Varley dans l’Open Page. C’est elle l’éditrice de la revue préférée des gens des tréteaux.
Le même jour, mais cette fois-ci, en début d’après midi, nos hommes de théâtre seront certainement ravis de serrer la main de la légende vivante de leur domaine. C’est une école dans l’école de l’Odin Teatret. Il s’agit bien de Barba. Oui, Eugenio Barba, bien en chair et en os. Après son passage à Carthage, chez le couple Ben Ammar/Sayem, le vieux routier sera présent au Théâtre de poche de Hammamet. Son «Ode to Progress», une exclusivité de théâtre et de danse pour le festival de la Ville du Jasmin est une bonne leçon de théâtre structurée sur l’humanité. Que savons-nous sur l’homme de la saison et l’invité de marque de Lassaâd Ben Abdallah et les siens ?


Le théâtre de l’humain
Le Norvégien est d’origine italienne. Il a suivi des cours de français, de littérature et d’histoire des religions. Au fil de ses 45 ans de théâtre, Barba a mis en scène 71 productions avec l’Odin Teatret d’Oslo et l’ensemble interculturel de théâtre. Nous pensons ici, notamment à Ferai (1969), Min Fars Hus (La maison de mon père, 1972), Brecht’s Ashes (1980), Urt- Hamlet (2006) et… The Marriage of Medea en 2008. L’homme a publié une foule d’ouvrages dont la majorité circule librement dans plusieurs langues. Comme l’Archipel du Théâtre, l’Anatomie de l’acteur (un dictionnaire d’anthropologie théâtrale, Le Canoë de papier, L’Energie qui danse...).
Le spectacle chez Barba «a l’allure d’une fête tribale dans la clairière : tambour, fausset de fifres, lamento guttural, tours de force initiatiques, jonglerie, acrobaties…, une grande dépense d’énergie où l’on sent l’acteur impliqué des orteils aux cheveux, à la frontière de la transe. Une hypersensibilité qui galvanise des corps rompus aux arts martiaux….», écrit sur l’homme, le critique Jean-Pierre Leonardini. Cela ressemble beaucoup à ce que fait Barba et ses compagnons de route dans leur Odin Teatret noyé dans l’humanité. C’est chercher le contact à tous prix de tous les publics et tout rôde autour de l’échange immédiat. A ne pas manquer, ni à Carthage, ni à Hammamet. Les deux événements se complètent.


Z.A.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com