Reportage/L’automédication : un nouveau mode de consommation, un nouveau commerce !





L’évolution du niveau d’instruction du Tunisien moyen combinée aux conditions pécunières ainsi que l’expansion qui marque l’industrie pharmaceutique en Tunisie et dans le monde font que certains de nos concitoyens recourent, de plus en plus, à leur propre intuition pour traiter une grippe, un mal de tête et de nombreuses autres «maladies» courantes. Tunis - Le Quotidien Les «médicaments doux» comme les appellent les gens de la profession, sont de plus en plus populaires pour soigner les petits bobos et nos concitoyens ne s’en privent pas. Dans cette nouvelle équation, les pharmaciens se sont-ils transformés en de simples commerçants qui se contentent de vendre leurs «produits», ou bien gardent-ils toujours leur statut de scientifiques? Mme Assia, qui gère une pharmacie au centre de la capitale, précise dans ce sens que le pharmacien doit préserver son rôle en tant que conseiller qui informe et oriente son client -patient - pour une meilleure façon d’utiliser tel ou tel médicament. Les antibiotiques, par exemple, qui connaissent une grande affluence de la part des consommateurs durant les saisons d’automne et d’hiver au cours desquelles la probabilité de contagion de la grippe et de quelques allergies est très forte ne doivent pas être pris d’une façon arbitraire, vu qu’ils peuvent avoir quelques effets secondaires. Ceci est, d’ailleurs souvent, à l’origine de réclamations dans le cas de mauvais résultats. Notre interlocutrice ajoute que certains clients viennent lui demander des médicaments qu’ils pensent miraculeux alors que l’efficience d’un produit pharmaceutique contre une maladie quelconque dépend en grande partie du degré de résistance du corps humain. Antibiotiques, vitamines, anti-inflammatoires ... D’autre part, les médicaments, administrés sans prescription médicale, sont loin de se limiter aux antibiotiques car la liste s’étend de plus en plus pour comprendre les vitamines et des produits «amaincissants» pour garder sa ligne. M. Kamel Rezgui (pharmacien) nous cite ainsi une liste bien longue. Outre les produits classiques tels que les anti-inflammatoires, les antibiotiques et les antalgiques, les Tunisiens consomment de nouveaux médicaments, fruits de la médecine «douce» à base d’ingrédients naturels. A consommer avec modération Devant cette abondance de l’offre dans ce «commerce», le consommateur qui reste le client-cible pour les industriels de ce genre de produits semble avoir adopté une nouvelle tradition. Boughanmi qui, comme tout le monde d’ailleurs, n’hésite pas à «se» prescrire quelques antibiotiques à chaque fois qu’ils attrape la grippe, estime cependant qu’avoir recours au médecin est primordial quand il s’agit d’un malaise plus grave. M. Wassim Kriaâ estime, quant à lui, que l’automédication doit se faire avec modération et que le pharmacien doit intervenir en tant que conseiller pour la santé de son client et non pas se comporter comme un commerçant qui ne voit aucun inconvénient à écouler son stock. L’automédication, qui est devenue une pratique courante, semble alors prendre une dimension commerciale et pourrait devenir sujette à la loi de l’offre et de la demande. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com